Le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, poursuit le durcissement de son discours contre ce qu’il qualifie de dérives extrémistes. En déplacement jeudi dans la région de Yaadga, au nord du Burkina Faso, il a annoncé de nouvelles mesures visant à mieux contrôler les formations religieuses suivies par les jeunes Burkinabè à l’étranger.
S’exprimant devant les Forces vives de la région, le chef de l’État a estimé qu’une minorité d’extrémistes exploitait la religion pour fragiliser le pays et alimenter le terrorisme. Il a averti que les prédicateurs tenant des discours jugés radicaux pourraient être suspendus de leurs activités de prêche.
Dans cette logique, Ibrahim Traoré a annoncé son intention de faire revenir au Burkina Faso les étudiants poursuivant des formations en charia dans plusieurs pays arabes. Selon lui, ces cursus ne répondent pas aux besoins prioritaires du pays. Il a même averti que les personnes qui refuseraient de rentrer s’exposeraient à de lourdes conséquences, allant jusqu’à la perte de leur nationalité burkinabè.
Le président de la transition a également annoncé un soutien financier de l’État aux imams dont les enseignements sont considérés comme favorisant la paix, la cohésion sociale et la modération.
Ces annonces s’inscrivent dans le prolongement de la nouvelle politique adoptée fin juin, qui impose désormais à tout étudiant burkinabè souhaitant poursuivre des études à l’étranger d’obtenir une autorisation préalable du ministère de l’Enseignement supérieur. Les autorités expliquent cette mesure par la volonté d’aligner les formations suivies hors du pays sur les priorités nationales.
À travers ces décisions, le gouvernement de transition affirme vouloir renforcer le contrôle de l’enseignement religieux et prévenir toute forme de radicalisation dans un contexte où le Burkina Faso reste confronté à une menace terroriste persistante
Arnaud KOUMONDJI



