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Afrique

Cacao : Ouattara et Mahama font front commun face aux industriels

Face à une crise mondiale qui secoue la filière cacao, les deux premiers producteurs mondiaux – la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui représentent à eux seuls 60 % de la production mondiale – ont décidé de parler d’une seule voix. Ce mardi 16 juin 2026, les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont animé à Abidjan un sommet de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, marqué par des annonces fortes.

Deux décisions majeures pour harmoniser la filière

À l’issue du sommet, les deux chefs d’État ont annoncé deux décisions principales :
• L’harmonisation des prix du cacao entre les deux pays : le Conseil Café-Cacao et le Cocobod devront désormais se consulter pour fixer le prix.
• L’alignement du calendrier de la campagne de commercialisation, qui démarrera simultanément le 1er septembre dans les deux pays.
Cette dernière mesure est particulièrement bien accueillie par les producteurs, car le 1er septembre correspond à la rentrée scolaire, permettant de lever les difficultés financières auxquelles les planteurs sont confrontés chaque année à cette période.

L’Initiative Cacao s’ouvre à d’autres pays africains
Surtout, les deux pays ont décidé d’ouvrir l’Initiative Cacao à d’autres pays du continent : le Cameroun et le Nigeria, notamment. S’ils acceptent, « l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana représenterait alors au moins 75 % de la production mondiale », explique un acteur de la filière. Une masse critique qui permettrait de mieux peser sur les négociations avec les industriels.

« Nous devons agir ensemble »
« Nous devons agir ensemble », ont déclaré les deux chefs d’État. Alassane Ouattara a rappelé le contexte difficile : vieillissement des plantations, changement climatique, orpaillage illégal, volatilité des prix. « Aucun de nos États ne peut, à lui seul, absorber de tels chocs », a-t-il souligné.
John Dramani Mahama a quant à lui insisté sur l’urgence de mettre en commun la recherche scientifique sur les maladies qui déciment les plantations, notamment le « swollen shoot ».

Des substituts au cacao ? Les présidents ironisent
Face à la recherche par les industriels de substituts aux fèves de cacao, les deux chefs d’État ont ironisé. « Qui veut manger du chocolat sorti de laboratoires ? » a lancé John Dramani Mahama, rappelant que les consommateurs « sont soucieux de leur santé et se tournent davantage vers des produits biologiques ». Un clin d’œil aux marchés, mais aussi une manière de rappeler que le cacao ouest-africain a encore de beaux jours devant lui.

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