C’est à la faveur d’une cérémonie fort simple mais empreinte de solennité que le souverain du Danxomè, Dada Houégbadja Dèwènondé, a procédé à la cérémonie dite « Flé Djidjo » à son forgeron Agbo Gantounto, au quartier Adjahito, situé dans l’arrondissement de Vidolé.
En effet, invité à Danxomè par le roi Agadja, Atachi, un descendant de Tè Hlin Aho Kpokoun, avait pour mission de mettre au service du roi son savoir-faire de forgeron. Ainsi, depuis 1728, après la conquête de Savi, Atachi fut installé à Adjahito et reçut le titre d’Agbo Gantounto Dada Ton.
Depuis ce temps, Agbo forgeait les armes de guerre, les outils agricoles et les matériels de travail. Comme si cela ne suffisait pas pour montrer la grandeur de son talent, il pensa et conçut pour les louanges du roi un instrument d’anthologie : le Kpanlingan, ce gong jumelé utilisé jusqu’ici par les griots du Danxomè.
Une forge rénovée pour honorer les pères
Le temps passe, mais les réalités culturelles demeurent, surtout dans ce royaume où chaque chose doit être à sa place. Intronisé il y a dix ans, l’actuel Dah Agbo a jugé utile et nécessaire de rénover cette forge royale pour honorer ses pères, mais aussi et surtout pour motiver les siens à continuer, dans les bonnes conditions, la mission royale qui leur a été confiée.
Comme il sied, le roi du Danxomè a fait le déplacement pour procéder lui-même à l’inauguration de sa forge : la forge de Houégbadja. Ainsi, il a prononcé ses bénédictions sur la famille Agbo, lui a rappelé la mission qui est la sienne avant de relancer les activités.
« Un jour inoubliable »
Approché, Dah Agbo Gbèwèdo n’a pas caché sa joie. Pour lui, ce jour sera inoubliable, en ce sens qu’il permet à tout le monde de savoir qu’Agbo n’est pas un vulgaire forgeron, mais celui du roi du Danxomè, et que c’est lui qui, en plus de sa mission première, a pensé et conçu le Kpanlingan.
Laurent Yovo



