(Tout allait à vau-l’eau. Le général a dû écourter sa convalescence)
Déclaré comme un grand problème si le parti Les Démocrates (LD) avait un représentant dans la course à la présidence, ses ennemis avaient programmé qu’il ne soit pas de ce monde dans cette période. Malheureusement pour eux, ils ont mangé leur blé en herbe en se fiant aux calculs partisans de Boni Yayi. Et Dieu sauva le soldat Rachidi Gbadamassi tout en le laissant survivre à sa convalescence. Au moins, il n’allait pas pouvoir s’exprimer aux côtés de son candidat Romuald Wadagni. Mais entre-temps, une drogue est entrée dans le jeu : le candidat Wadagni, de passage à Parakou, ayant appris que son lieutenant était indisposé, est allé lui rendre une visite de courtoisie. Avant cela, le leader du BR, Abdoulaye Bio Tchané, avait aussi déplacé le curseur en nommant son champion à Parakou, conseiller spécial pour la bonne conduite de la campagne de l’élection de Romuald Wadagni.
Sous cette double drogue, Rachidi Gbadamassi a tout oublié des consignes de son patron Patrice Talon qui, après l’avoir fait évacuer en France pour ses soins, lui demandait juste de se reposer un peu. Mais il fallait Rachidi Gbadamassi pour ordonner les choses à Parakou en vue d’une participation record au profit de son frère de sang Romuald Wadagni.
Sachant que tout le monde n’est pas Joseph Djogbénou pour bien entrer dans les rangs après avoir rêvé du graal, le professeur Gbadamassi, de par sa science politique, savait qu’il ne devrait pas laisser les choses ainsi pour ne pas faire courir de risques à son frère.
Il saute, comme au cœur de sa stratégie, sur les primo-votants. Il les organise autour d’une consigne : sortir et faire sortir leurs parents, le dimanche 12 avril au profit de Romuald Wadagni.
Et pendant que le député et maire honoraire de Parakou était à l’œuvre, son étudiante confirmée en politique du rassemblement — sa propre femme — prend la température de la victoire en préparant 5 000 amazones pour la victoire totale. Parakou et la 8ᵉ circonscription électorale viennent de se réveiller. Le commandant en chef de cette circonscription électorale est sorti de son coma pour faire bouger les lignes, et la consigne a été respectée. Prions maintenant que le président Talon envoie quelques éléments de la garde présidentielle arrêter son ministre conseiller dans la nuit du 12 avril pour un camp de repos médical forcé. Gbadamassi va mal, mais il ne peut laisser le projet de son frère de sang subir le calcul revanchard de certains acteurs dans la 8ᵉ circonscription électorale.
Aboubakar TAKOU



