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Conférence Green Cities de Londres : Luc Gnacadja révolutionne le rapport de Cotonou à l’eau

L’eau, ennemie ou alliée des villes côtières ? Pendant des décennies, l’urbanisation de nombreuses cités s’est construite sur une illusion : celle que l’eau était une menace à endiguer, un ennemi contre lequel il fallait ériger des murs. Cotonou, perle économique du Bénin, a longtemps subi cette fatalité. Située entre l’océan Atlantique, la lagune de Cotonou et le lac Nokoué, la ville a souvent vécu sa relation à l’eau sous la perspective exclusive du risque et des inondations récurrentes.

« L’eau, une trajectoire de croissance »

Le visage de la capitale économique est en train de changer. Lors de la Conférence Green Cities 2026, tenue à Londres les 22 et 23 juin, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a porté un discours de rupture. « Plutôt que de tourner le dos à l’eau, nous voulons en faire une trajectoire de croissance, de résilience et de transformation urbaine », a-t-il affirmé. Ce changement de perspective est le cœur battant de son mandat : l’agenda « Cotonou 2026-2033 : Changer d’échelle ».

« Cotonou et l’Eau : un nouveau pacte urbain »

Portée par un architecte urbaniste de métier, cette vision repose sur une compréhension fine du territoire. Si l’eau a été perçue comme une source de vulnérabilité, c’est parce que le développement urbain a longtemps ignoré le fonctionnement des écosystèmes. La municipalité entend inverser cette tendance à travers l’initiative « Cotonou et l’Eau : un nouveau pacte urbain ». Il ne s’agit plus de lutter contre la nature, mais de collaborer avec elle : protection des zones humides, préservation des corridors écologiques vitaux pour le drainage urbain.

L’eau, vecteur de cohésion sociale

Cette réconciliation avec l’eau est aussi une question de dignité et de cadre de vie. En reconnectant les habitants au lac Nokoué et aux rives de la lagune, Cotonou crée des espaces publics de qualité, vecteurs de cohésion sociale et d’attractivité. Valoriser l’eau comme une « infrastructure urbaine à part entière » permet de transformer une contrainte géographique en un levier de prospérité.

Une gouvernance solide, clé de la transformation

Comme le rappelle Luc Gnacadja, ce pacte urbain ne peut réussir sans une gouvernance solide : « La gouvernance est l’infrastructure derrière toutes les autres infrastructures ». Pilotage par la donnée, culture de l’exécution et redevabilité sont les piliers qui permettront de transformer cette vision en réalités palpables pour chaque citoyen.

Cotonou, laboratoire africain de la résilience

À l’horizon de son bicentenaire en 2030, Cotonou est en train de devenir un laboratoire africain de la résilience. En choisissant d’intégrer pleinement l’eau dans sa trajectoire de développement, la ville ne se contente pas d’adapter son urbanisme au changement climatique. Elle réinvente son identité et prouve qu’une métropole africaine peut faire de l’eau le fondement même de sa qualité de vie et de sa résilience future.

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