Dans un contexte de continuité, tous les collaborateurs directs et indirects du président Patrice Talon devraient se comporter comme lui : continuer de travailler comme si on n’était pas en fin de mandat. Cela donnerait même un goût exquis à une transition bien gérée entre le président sortant et son remplaçant. Ce qui n’est visiblement pas le cas dans la galaxie des ministres conseillers. On ne sait même plus si ce mot existe encore dans le vocabulaire de l’Exécutif.
Institué pour suppléer les ministres dans les tâches de communication des actions ministérielles au profit des populations, le ministre conseiller devrait continuer son travail tant que se poursuivent les conseils des ministres. Mais triste est le constat : le président Talon ne bénéficie plus des prestations de ses collaborateurs directs sur des sujets pourtant capitaux. C’est le cas, par exemple, de la polémique au sujet de la place du Sénat lors de l’investiture du nouveau président. Plusieurs ministres conseillers auraient pu sortir pour expliquer ce qui apparaissait comme une confusion. L’inondation circonstancielle mais destructrice du mercredi dernier aussi. En dehors du directeur général de la Sirat, les ministres conseillers devraient sortir pour expliquer aux populations de Cotonou qu’il ne s’agissait pas d’une irresponsabilité du gouvernement, mais d’une triste conjoncture entre pluviométrie excessive et impact des travaux en cours à Cotonou.
Mais bien loin de ces deux actualités, le délestage auquel personne ne s’attendait est là et aurait dû être expliqué. Les nouveaux coûts du carburant dans les stations-service aussi. Seulement que nenni. Aucun ministre conseiller n’a jugé bon de jouer son rôle. Le président Talon sur le départ ne semble plus susciter d’intérêt auprès de ses collaborateurs du cabinet pour fournir ce minimum attendu d’eux. Tout le monde comprend le cas du ministre conseiller Rachidi Gbadamassi, secoué sur le plan de la santé et éprouvé par le départ prématuré et douloureux de son épouse. En dehors de lui, aucun des autres ministres conseillers n’a la moindre once d’un alibi pour justifier cette absence absurde du terrain. Ils pensent que le président Talon est déjà fini. Une grosse erreur. Car celui qui pense que le président Talon est fini court vers sa propre fin.
Aboubakar TAKOU



