La justice a parlé. La Chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné, jeudi 9 juillet 2026, l’ancien deuxième adjoint au commissaire de police de Tokplégbé à cinq ans de prison ferme pour abus de fonction. Une peine lourde qui sanctionne un acte grave ayant compromis une procédure judiciaire.
Selon les informations rapportées par l’envoyé spécial de Libre Express, en plus de cette peine de 60 mois d’emprisonnement, l’ancien officier devra payer une amende de deux millions de FCFA. La Cour l’a également condamné à verser deux millions de FCFA de dommages et intérêts à la victime ainsi que 300 000 FCFA à l’Institut national de la femme (INF). Il dispose d’un délai de quinze jours pour interjeter appel.
Les faits reprochés à l’ex-policier sont graves. Selon le ministère public, le prévenu a illégalement facilité la libération d’un homme placé en garde à vue dans une affaire d’agression sexuelle, alors que la victime était hospitalisée. Une décision prise sans en informer ni son supérieur hiérarchique ni le procureur de la République, en violation des procédures en vigueur.
L’accusation soutient également que l’ancien policier aurait perçu 300 000 FCFA en contrepartie de cette libération, compromettant ainsi la poursuite de la procédure judiciaire. Une corruption qui a permis à l’auteur présumé des faits d’échapper à la justice.
Au cours des audiences, le parquet avait notamment relevé que le contact du mis en cause était enregistré dans le téléphone de l’officier sous l’appellation « William le baobab ». Un détail qui en dit long sur les liens entretenus par l’ancien policier avec le suspect. L’enquête a par ailleurs présenté le suspect comme un repris de justice et évoqué des tentatives présumées d’entraver la procédure judiciaire. Une affaire qui illustre les dérives possibles au sein des forces de l’ordre et la détermination de la justice à les réprimer.
François D’Assise BATCHOLA



