Le gouvernement ivoirien a annoncé, mercredi 6 mai 2026, la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), mettant ainsi un terme à près de vingt-cinq années d’existence de l’institution chargée d’organiser et de superviser les élections en Côte d’Ivoire.
La décision a été prise en Conseil des ministres à travers l’adoption d’un projet d’ordonnance. Selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, cette mesure fait suite aux nombreuses critiques formulées contre l’organe électoral à l’issue du dernier cycle électoral. « Au terme du dernier cycle électoral et au regard des réserves relevées à l’endroit de cette institution, ainsi que des critiques dont elle a fait l’objet, le Conseil a décidé de sa dissolution », a déclaré le ministre.
Ainsi, créée par la loi du 9 octobre 2001, la CEI assurait depuis plus de deux décennies l’organisation des scrutins nationaux. Mais pour les autorités ivoiriennes, il est désormais nécessaire de repenser le dispositif électoral afin de l’adapter aux nouvelles réalités politiques du pays. Le gouvernement prévoit ainsi la mise en place d’un nouveau mécanisme de gestion des élections. « Cette dissolution ouvre la voie à un système capable de rassurer davantage les acteurs politiques et les populations, tout en garantissant durablement des élections apaisées », a ajouté le porte-parole Amadou Coulibaly.
Depuis plusieurs années, la CEI faisait l’objet de vives critiques de la part de l’opposition, qui contestait sa neutralité et dénonçait une composition jugée favorable au pouvoir en place. Avant les élections de 2025, plusieurs partis politiques avaient déjà réclamé sa dissolution.
Le débat sur l’avenir de l’institution avait également été relancé en octobre 2025 par le président même de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, qui estimait qu’un autre modèle devait être envisagé pour préserver la paix sociale en Côte d’Ivoire.
Alassane IMOROU SANDA



