La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict dans le dossier impliquant un homme poursuivi pour ses liens présumés avec les activités financières de l’activiste panafricain Kemi Seba. À l’issue de l’audience de ce lundi 29 juin 2026, la juridiction l’a condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de deux millions de francs CFA.
Le prévenu était poursuivi pour avoir effectué des opérations financières au profit de Kemi Seba, président de l’ONG Urgences panafricanistes, recherché par les autorités béninoises dans le cadre de l’affaire liée à la tentative présumée de coup d’État du 7 décembre 2025. Il faisait également face à des poursuites en lien avec des faits présumés de cybercriminalité nous rapporte le média Libre Express.
Au cours des audiences précédentes, l’accusé avait rejeté l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. Il avait notamment contesté toute implication dans un réseau de blanchiment de fonds provenant de cybercriminels. Selon les éléments présentés par le parquet, il aurait mis à la disposition de ces derniers des comptes bancaires afin de faciliter la récupération de fonds d’origine illicite, en contrepartie d’une commission de 5 %. Le prévenu avait toutefois soutenu qu’il ignorait la provenance frauduleuse des sommes concernées.
Concernant ses relations avec Kemi Seba, le gérant d’une boutique de transfert de devises avait reconnu avoir réalisé une seule opération en cryptomonnaie d’un montant de 2 000 euros en 2023, tout en niant toute autre collaboration.
Pour rappel, lors de l’audience du 11 mai dernier, le ministère public avait requis cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende de deux millions de francs CFA, demandant à la Cour de retenir les faits de complicité d’escroquerie et d’incitation à la rébellion. De leur côté, les avocats de la défense avaient sollicité la relaxe pure et simple de leur client ou, à défaut, une relaxe au bénéfice du doute.
En rendant sa décision, la CRIET a requalifié les faits initialement poursuivis, notamment l’incitation à la rébellion, le harcèlement par voie électronique et l’escroquerie via internet, en complicité d’escroquerie par le biais d’un réseau électronique. La juridiction a ainsi condamné le prévenu à 60 mois de prison ferme, soit cinq ans, assortis d’une amende de deux millions de francs CFA rapporte le même média.
La Cour a également ordonné la confiscation, au profit de l’État béninois, d’un téléphone iPhone et d’un ordinateur MacBook saisis dans le cadre de la procédure. Une contrainte par corps d’un mois a en outre été prononcée.
Fallone CHABI-BONI



