Le Béninois Libéré
Image default
Société

Eaux usées dans les caniveaux : Parakou lance la chasse aux branchements clandestins (les détails)

La mairie de Parakou a décidé de sévir contre les raccordements clandestins des eaux usées aux caniveaux publics. Deux propriétaires ont été interpellés lors d’une opération menée dans plusieurs quartiers de la ville.

La phase de sensibilisation est désormais révolue. À Parakou, les autorités municipales passent à la répression contre les habitants qui déversent leurs eaux usées dans les caniveaux publics. Selon Fraternité FM, une opération de contrôle menée ce vendredi 7 août par les services techniques et environnementaux de la mairie, avec l’appui de la Police républicaine, a permis de constater plusieurs branchements irréguliers dans les quartiers de Madina, Okédama et Goromosso.

À l’issue de cette descente, deux propriétaires ont été interpellés et conduits au commissariat pour avoir raccordé les eaux usées de leurs douches et toilettes aux caniveaux destinés à l’évacuation des eaux pluviales.

« L’étape de la sensibilisation est terminée, place à la répression », a déclaré Fatiou Boris, directeur des Affaires domaniales et environnementales de la mairie de Parakou.

Des raccordements qui fragilisent les ouvrages

Cette opération intervient quelques jours après le communiqué du maire de Parakou, Zul-Kifly Zakari, en date du 27 juillet 2026. Dans ce document, l’autorité municipale avait mis en demeure les auteurs de raccordements illégaux de mettre fin à ces pratiques sous peine de sanctions.

Les responsables municipaux rappellent que les caniveaux publics sont exclusivement destinés à l’évacuation des eaux pluviales. Chaque habitation doit disposer de ses propres installations d’assainissement, notamment des fosses septiques et des puisards.

À Madina, l’un des propriétaires interpellés a reconnu avoir raccordé ses eaux usées au caniveau en raison de la proximité de celui-ci. Il a également évoqué le coût élevé de la construction d’une nouvelle fosse. Une justification rejetée par les responsables municipaux, qui ont insisté sur les dommages causés aux infrastructures.

Selon Gislain Agossadou, directeur des Services techniques de la mairie, les perforations pratiquées dans les caniveaux en béton compromettent leur durabilité. Elles favorisent notamment l’infiltration de sable qui, à terme, peut provoquer l’obstruction des ouvrages et réduire leur efficacité pendant la saison des pluies.

Plusieurs cas constatés

À Okédama, précisément sur la rue de l’Hôpital chinois, les agents municipaux ont également constaté un raccordement irrégulier. Le propriétaire, absent au moment du passage des équipes malgré sa convocation, n’a pas pu être entendu.

Abdoulaye Moussadikou, responsable Hygiène, Sécurité et Environnement de l’entreprise Sinohydro, a déploré la situation. Les eaux usées étaient notamment déversées dans un caniveau récemment construit et qui n’avait pas encore été officiellement réceptionné.

À Goromosso, la situation était similaire. Plusieurs habitations ont été identifiées comme étant raccordées illégalement aux caniveaux publics. Un autre propriétaire a été interpellé et conduit au commissariat.

L’ABE tire la sonnette d’alarme

Le phénomène n’est pas nouveau. Présent lors de l’opération, Brice Agossou Vinangnon, chef du service d’appui au contrôle environnemental de l’antenne Borgou de l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE), a indiqué que son institution reçoit depuis 2023 de nombreuses plaintes de riverains concernant le déversement d’eaux usées dans les caniveaux.

Les différents contrôles effectués ont permis de confirmer l’existence de nombreux raccordements clandestins dans plusieurs quartiers de Parakou. Pour lutter contre le phénomène, l’ABE a sollicité l’intervention de la mairie, de la Direction départementale du Cadre de vie et des Transports, de la Police républicaine et de la Société de gestion des déchets solides (SGDS).

La mairie annonce la fermeté

Au-delà de la dégradation des infrastructures, les autorités alertent sur les conséquences sanitaires et environnementales de ces pratiques. Les eaux usées déversées dans les caniveaux, auxquelles s’ajoutent parfois les déchets ménagers, peuvent provoquer l’obstruction des ouvrages de drainage et favoriser les inondations en période de pluie.

Pour la mairie, il est donc nécessaire de faire respecter strictement les règles d’assainissement urbain. Après plusieurs campagnes de sensibilisation jugées insuffisantes, les autorités municipales entendent désormais appliquer les sanctions prévues par les textes.

À Parakou, le message est désormais sans ambiguïté : les caniveaux publics sont réservés aux eaux pluviales et tout raccordement illégal expose son auteur à des sanctions.

François D’Assise BATCHOLA

Articles Similaires

Togo : Plus de 1 500 détenus bénéficient d’une grâce présidentielle

Akkilou YACOUBOU

Café politique à l’Université d’Abomey-Calavi : Jacques Ayadji partage son expérience et conseille les étudiants

Akkilou YACOUBOU

Sénat/ « Servir avec humilité et dévouement » : Les premiers mots de Louis Vlavonou !

La Rédaction

Laisser un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Le Béninois Libéré

GRATUIT
VOIR