Un amphithéâtre archicomble, des étudiants debout faute de places, des questions qui fâchent. Cinq jours à peine après la rentrée, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a choisi l’Université Nationale d’Agriculture de Kétou pour un face-à-face sans filtre, ce jeudi 18 septembre 2026. Devant près d’un millier d’étudiants, d’opérateurs économiques et de dignitaires, il a défendu le bilan social et agricole de l’exécutif.
D’entrée, le ministre a sorti l’artillerie des mesures sociales. Pour soulager les apprenants, il a annoncé une revalorisation des bourses universitaires pouvant grimper jusqu’à 48,6% pour les filières prioritaires. S’y ajoutent le déploiement de nouveaux bus de transport universitaire, dont 9 rien que pour l’UNA, et la confirmation de la gratuité totale des frais de scolarité, de la maternelle à la terminale, pour les filles et les personnes en situation de handicap. Sur la santé, la ligne du gouvernement reste inchangée : toute urgence vitale doit être prise en charge immédiatement dans les hôpitaux publics, sans exiger un franc au préalable.
À Kétou, haut lieu de la formation agronomique, le discours a logiquement basculé sur la souveraineté alimentaire. Wilfried Houngbédji a détaillé le projet pilote maïs du Programme de Productivité Agricole. L’ambition est claire : faire bondir le rendement moyen de 1,5 tonne à près de 8 tonnes à l’hectare. Mais l’enjeu dépasse le champ. Les excédents générés devront servir à financer la couverture maladie, la retraite des producteurs et à accroître leur pouvoir d’achat.
Pendant plus de deux heures, l’exercice s’est terminé par un jeu de questions-réponses incisif. Le sort des élèves-enseignants des lycées agricoles formés avec l’appui de l’Université du Kwazulu-Natal, la faible connectivité internet sur le campus et la colère des commerçantes suite aux saisies de soja et de cajou ont été mis sur la table. Réponse du porte-parole : l’État tiendra ses engagements envers chaque corporation, mais ne reculera pas sur l’interdiction d’exporter les matières premières à l’état brut. Pour lui, la transformation locale est la seule voie pour créer de la valeur et offrir des emplois durables à la jeunesse béninoise.



