Une délégation nigérienne de haut niveau a foulé le sol béninois ce vendredi 19 juin 2026. Conduite par le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, cette mission marque une étape décisive dans le processus de réouverture de la frontière entre les deux pays, fermée depuis près de trois ans.
Une mission historique après des mois de tension
Le général Toumba, numéro deux de facto du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), la junte au pouvoir au Niger, a été accueilli à l’aéroport international de Cotonou par les autorités béninoises. Cette visite intervient dans le prolongement du communiqué conjoint publié le 16 juin 2026, dans lequel les deux parties s’étaient déclarées satisfaites des conclusions d’un premier cycle de travaux techniques.
Des négociations lancées par la visite de Wadagni à Niamey
Le processus avait été initié lors de la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey le 2 juin 2026. À l’issue de ses entretiens avec le chef de l’État nigérien Abdourahamane Tiani, les deux dirigeants avaient adopté un communiqué conjoint en neuf points, actant la mise en place d’un comité d’experts chargé de proposer, sous quinzaine, les modalités de levée des obstacles à la réouverture de la frontière.
Un corridor stratégique pour les deux économies
La fermeture de la frontière, décidée après le coup d’État de juillet 2023, a lourdement pesé sur les économies des deux pays. Le corridor Bénin-Niger constitue l’un des principaux axes d’approvisionnement du Niger, pays enclavé, et représente une source significative de recettes de transit et d’activités portuaires pour le Bénin.
Les prochaines étapes
Forts des avancées réalisées lors des quinze premiers jours de travaux, les experts des deux pays se retrouvent désormais pour consolider leurs conclusions. Les deux États ont également prévu de relancer leur commission mixte de coopération bilatérale. La date d’une visite officielle de retour du général Tiani à Cotonou, évoquée lors de la rencontre de Niamey, n’avait pas encore été arrêtée au moment du départ de la mission.



