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Asie

Inde : le rempart vert qui protégeait New Delhi du désert est en train d’être dévoré par…

45 degrés à l’ombre, un ciel blanchâtre de poussière, et une chaleur qui épuise les corps et assèche les esprits. La capitale indienne suffoque. Mais derrière ce mois de mai caniculaire se profile une menace plus lointaine, plus silencieuse : la disparition progressive des monts Aravalli, ce rempart vert qui, depuis des millénaires, protège Delhi des vents brûlants du désert du Rajasthan.
Au nord de l’Inde, ces collines boisées abritent encore aujourd’hui léopards, hyènes et antilopes. Leur végétation, autrefois luxuriante, joue un rôle climatique crucial. Mais les carrières de pierre, toujours plus nombreuses, percent la montagne pour nourrir l’urbanisation débridée du pays. Une défiguration qui menace désormais l’avenir même de cette muraille naturelle.

Des températures insoutenables
Au cours de ce mois de mai 2026 qui s’achève, les thermomètres ont dépassé les 45 degrés à New Delhi, transformant la mégapole en un four à poussière. Et ce n’est qu’un début. Les scientifiques le craignent : si les Aravallis continuent d’être dégradés, l’avancée du désert du Rajasthan s’accélérera, rendant les étés encore plus extrêmes.

Une muraille naturelle défigurée
Ces dernières années, les entreprises de travaux publics ont largement exploité cette barrière rocheuse de 700 kilomètres de long, avec peu d’égards pour la loi ou l’environnement. Face à cette destruction, la Cour suprême indienne a interdit en 2025 la délivrance de nouveaux permis d’extraction. Mais faute de contrôles efficaces, de nombreuses entreprises continuent d’opérer, accélérant le dépeçage de ce rempart contre les tempêtes de poussière et les vagues de chaleur.

Trente millions d’habitants en danger
Pour les scientifiques et les défenseurs de l’environnement, l’heure est à l’action urgente. La santé et la sécurité alimentaire de trente millions d’habitants sont menacées par la poussière et les fortes chaleurs. Pire encore : selon certains spécialistes, si la dégradation des Aravallis se poursuit, c’est tout le grenier à blé du nord de l’Inde – la plaine du Gange – qui pourrait peu à peu se transformer en désert. Une perspective catastrophique pour la sécurité alimentaire du pays.

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La Rédaction

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