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Intelligence artificielle, observatoire national, sanctions pénales : le Bénin sort l’artillerie lourde pour ses forêts

Une page se tourne dans la gestion des ressources naturelles du Bénin. Ce mardi 14 juillet 2026, l’Assemblée nationale, sous la présidence du Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a adopté à l’unanimité la loi n°2026-16 portant Code des forêts et de la faune en République du Bénin. Un texte historique qui remplace la loi n°93-009 du 2 juillet 1993, devenue obsolète face aux défis environnementaux contemporains.

Avec ses 318 articles répartis en 31 chapitres et 8 titres, ce nouveau code est d’une ambition rare. Il couvre l’ensemble des enjeux : des dispositions générales aux principes fondamentaux de gouvernance, en passant par le régime des forêts, celui de la faune, l’accès et le partage des avantages liés à l’exploitation de la biodiversité, les dispositions pénales, et les mesures transitoires. Une architecture complète pour un texte qui se veut à la hauteur des défis.

L’adoption de cette loi intervient dans un contexte alarmant. Selon un rapport de la FAO, le Bénin perd en moyenne 60 000 hectares de forêts chaque année. Un chiffre vertigineux qui a motivé l’urgence législative. « Ce code permettra au Bénin de disposer d’un cadre juridique moderne, actualisé, adapté aux nouveaux enjeux de gestion des ressources forestières et fauniques et conforme aux normes internationales », souligne le rapport de la Commission du plan, présidée par le député Joseph Anani.

Les innovations sont nombreuses. Le texte prévoit notamment la création d’un observatoire national de gestion et de suivi des forêts, le recours à l’intelligence artificielle pour renforcer la lutte contre l’exploitation illégale, et l’actualisation des données relatives aux forêts classées. La relocalisation des populations installées dans les espaces forestiers classés, l’intégration des pistes forestières dans la catégorie des routes classées de l’État, et l’éducation citoyenne à la protection de l’environnement figurent également parmi les mesures phares.

La lutte contre la criminalité environnementale a été renforcée. Le code intègre des dispositions pénales spécifiques pour sanctionner l’utilisation des forêts à des fins terroristes, une menace réelle dans la région. Le renforcement de la coopération régionale en matière de protection des forêts et de la faune est également prévu, tout comme le partenariat entre le CENAGREF et African Parks dans la gestion des aires protégées.

Les ministres Yvon Détchénou (Justice et Législation) et Georges Alé (Cadre de vie et Travaux publics) ont apporté des réponses aux préoccupations des députés, notamment sur la pérennisation des acquis du projet Mangrove, la construction d’infrastructures d’accueil pour promouvoir le tourisme, et le renforcement des effectifs des ressources humaines dédiées à la surveillance des espaces forestiers.

À l’issue du vote, le président Joseph Fifamin Djogbénou a procédé à la clôture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2026. Il a remercié ses collègues, le gouvernement, les cadres et agents de l’administration parlementaire pour leur contribution à l’aboutissement des travaux de cette session historique.

AY

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