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Société

Marchés, hôpitaux, tribunaux : La triple réforme du gouvernement Wadagni qui allège les dépenses des ménages

Entre la baisse des taxes sur les marchés, la digitalisation des paiements judiciaires et les premiers résultats encourageants sur la gratuité des soins d’urgence, l’exécutif dégaine un triptyque de mesures pour redonner du souffle aux finances des Béninois. Détails et chiffres.

L’addition des fins de mois va-t-elle enfin s’alléger pour les ménages et les commerçants ? Si le gouvernement béninois ne promet pas de miracle, il est revenu, par la voix de son ministre porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, sur un train de réformes qui touche trois piliers sensibles du quotidien : la nourriture, la justice et la santé.

Marchés : le casse-croûte des redevances
À compter de ce mois de juillet, les étals des marchés municipaux vont voir leurs charges fondre comme la neige au soleil. Les loyers mensuels des stands subissent une cure d’amaigrissement spectaculaire : une baisse de 21 000 à 15 000 FCFA pour les plus grands emplacements, et de 18 000 à 12 000 FCFA pour les autres. Une diminution qui tutoie les 40 % dans certaines zones.
Interrogé sur le financement de cet abandon de recettes, le ministre a été clair : « C’est un effort de subvention assumé par l’État, sur instruction du président de la République. » Une réponse adressée directement aux « mères de marché » qui, ces derniers mois, n’ont cessé d’appeler à cette réduction face à la cherté de la vie.

Justice : la fin de la « traite » des intermédiaires
Si les baisses de prix sont bonnes pour les commerçants, la transparence l’est pour tous les justiciables. Fini le temps où un acte judiciaire affiché à 1 000 FCFA vous en coûtait le double entre les mains d’un « facilitateur » véreux. Le gouvernement rend obligatoire le paiement électronique pour tous les actes judiciaires.
Une révolution silencieuse, mais brutale, pour les réseaux informels qui prospéraient sur les « frais de faux ». Le ministre Houngbédji a martelé le principe : « Le citoyen paiera le prix exact, et rien que le prix exact. » Ce virage digital, en supprimant le passage de liquide entre les mains, assèche à la source les pratiques de corruption qui plombaient déjà le budget des justiciables les plus modestes.

Santé : le triomphe inattendu des 4 000 urgences
Dernier volet, et non des moindres : la gratuité des soins vitaux. Un mois après son lancement, le pari semble tenir. Sur les 12 000 présentations aux urgences, pas moins de 4 000 cas critiques ont été pris en charge sans que le patient n’ait à sortir le porte-monnaie au moment critique.
Mais la surprise vient d’ailleurs : le taux de recouvrement des frais (auprès des mutuelles ou des compagnies d’assurance) atteint près de 70 %. Un score élevé qui a arraché une satisfaction au ministre, lequel a salué « le civisme fiscal des Béninois, conscients que payer leur part permet de maintenir la pompe à oxygène des hôpitaux publics en marche ».

Entre l’assiette (marchés), l’état civil (justice) et la survie (santé), le gouvernement Wadagni joue une partition sociale à trois temps. Reste à vérifier, dans les mois à venir, si les baisses de redevances seront effectivement répercutées dans les prix des denrées, et si le virage numérique tiendra face aux habitudes ancrées. Mais en ce début de mandat, le message politique est clair : l’Exécutif met le paquet sur le portefeuille des populations.

AY

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