Dans plusieurs marchés modernes de Cotonou, des étals ont été scellés pour non-paiement des redevances. Entre la mévente persistante et l’obligation de s’acquitter des frais dans les délais, de nombreux commerçants disent être à bout de souffle et appellent les autorités à revoir à la baisse les droits d’occupation.
Selon le site d’information 24h au Bénin, le constat effectué lundi 23 février 2026 dans les marchés de Wologuèdè et de Cadjehoun laisse transparaître une ambiance peu reluisante. Les allées sont presque vides de clients. Les vendeuses, assises derrière leurs étals, attendent désespérément des acheteurs. « La vente est très difficile. Les clients viennent au compte-gouttes », confie l’une d’elles.
À Cadjehoun, une dizaine d’étals de produits divers sont scellés, des rubans rouges de balisage apposés pour non-paiement des redevances. Depuis juin 2024, le gouvernement béninois a procédé à l’ouverture d’infrastructures marchandes construites aux normes internationales. Dans ces marchés urbains, les occupants doivent s’acquitter d’une redevance de 600 FCFA par jour, soit 18 000 FCFA par mois, couvrant l’eau, l’électricité, la sécurité, le nettoyage et l’assurance.
Après quelques mois de gratuité, le paiement des redevances a démarré en 2025. Face à la baisse des taux de recouvrement, l’Agence nationale de gestion des marchés (ANaGeM) a renforcé les mesures disciplinaires par une décision du 28 janvier 2026. L’article 2 stipule que « tout étal scellé pour non-paiement est strictement interdit d’exploitation jusqu’à régularisation complète ».
Sur le terrain, les commerçants disent comprendre la nécessité de payer mais dénoncent un manque de flexibilité. « Si on ne vend pas, comment payer ? C’est 18 000 FCFA et même si tu restes devoir 1 000 FCFA, ta marchandise est scellée », explique une vendeuse sous couvert d’anonymat.
D’autres évoquent les charges supplémentaires liées au transport depuis des villes comme Abomey-Calavi. Les doléances des marchands portent principalement sur une diminution des redevances ou une révision progressive des montants. « Si on scelle ton étal, comment peux-tu vendre et trouver de l’argent pour payer ? », déplore une commerçante.
En attendant une réaction des autorités, les occupants des étals continuent de lutter quotidiennement pour concilier survie économique et obligations administratives.
Alassane IMOROU SANDA



