Désormais, plus rien ne sera comme avant dans le secteur du Vodoun et du Fâ au Bénin. La pagaille a assez duré et les responsables chargés des rites ont décidé de siffler la fin de la récréation. C’est du moins ce qui ressort de la récente sortie du Professeur Kakpo Mahugnon, Président du comité des rites Vodoun, une structure mise en place par le gouvernement pour redonner au Vodoun toute sa place.
Dans ses déclarations, il a fait savoir que, dans le but d’assainir le secteur Fâ, un ordre regroupant les Bokonon qualifiés sera institué dans les prochains jours. Si sur les réseaux sociaux certains internautes trouvent à redire, sur le terrain, les vrais acteurs applaudissent, eux, la décision. C’est le cas de Bokonon Fâ Biotchoukou, rencontré à Gboli, et de Baba Ahoui Mètogan, résident à Abomey.
Pour le premier, cette décision est la bienvenue, non seulement pour protéger le « Fâ tomè », mais aussi et surtout pour préserver les populations victimes de ce qu’il appelle « l’arnaque des faux Bokonons des réseaux sociaux ». Selon lui, s’improviser Bokonon alors qu’il est possible de se faire initier et d’apprendre le Fâ, c’est faire preuve de malhonnêteté et user de faux. Il estime que ces individus devraient être jetés en prison, comme on le ferait pour un faux prêtre ou un faux médecin.

Pour Baba Ahoui Mètogan, il faut même accélérer le processus. Il a précisé : « Le Fâ est pour le Vodoun ce que le laboratoire est pour la médecine dans le monde spirituel africain. » Dans l’univers vodoun, notamment en pays Sakpata, l’assainissement a déjà démarré avec l’installation des comités communaux et d’arrondissement de la faîtière des dignitaires. Pour l’efficacité des démarches, s’impose donc un nettoyage en profondeur de l’écurie de ce secteur très important.
Selon lui, de même qu’une transfusion de sang du groupe A à un individu du groupe B peut être mortelle, de même les mauvaises consultations et les interprétations biaisées des signes tuent chaque jour nos concitoyens, brisent des ménages et induisent les victimes en erreur. « À cause des élucubrations de ces faux Bokonons, on compte aujourd’hui de nombreux enfants qui ont abandonné leurs parents traités de sorciers, des femmes chassées de leurs foyers parce qu’accusées injustement d’adultère, et des sacrifices non indiqués faits aux divinités. » Comme on peut le constater, cette réforme ne dérange que ceux qui cherchent leur profit dans le désordre.
Laurent YOVO



