En nommant Wilfried Léandre Houngbédji ministre porte-parole du gouvernement (décret n°2026-320), Romuald Wadagni ne se contente pas de compléter son équipe. Il envoie deux signaux forts : la continuité de l’État, et le maintien d’une main expérimentée à la barre de la communication exécutive.
Houngbédji n’est pas un inconnu. Sous Patrice Talon, il était le secrétaire général adjoint du gouvernement et le visage des conférences de presse sur les dossiers brûlants. En lui offrant le statut ministériel, Wadagni le récompense tout en s’assurant une transition médiatique sans accroc. L’homme maîtrise les codes, le timing et les silences.
Une présidence structurée autour de fidèles et de techniciens
Les sept autres nominations à la Présidence dessinent un schéma classique mais efficace : un chef de cabinet (Fulgence Primaël Gbèkè), une secrétaire particulière (Paulette Hountondji), un secrétaire général adjoint (Hermann Orou Takou). Trois conseillers sectoriels (José Didier Tonato aux infrastructures, Salimane Karimou à l’éducation, Maximilien Claude Cocou Olympio à la cellule juridique) et un chef du Bureau d’analyse et d’investigation (Adédiran Alfred Affoyon).
Le cas de José Tonato est emblématique. Ancien ministre du Cadre de vie et des Transports durant les dix ans de Talon, il a piloté les grands chantiers d’assainissement et de voirie. Le transférer à la Présidence comme conseiller aux infrastructures, c’est garder la mémoire des projets et la capacité d’exécution à portée de main.
Une équipe de continuité, mais sous contrôle
Aucune surprise fracassante. Wadagni ne révolutionne pas les équipes : il les recompose. Les figures du précédent quinquennat restent, mais recentrées autour de son bureau. Houngbédji gagne en grade, Tonato change de costume, les autres complètent un dispositif rodé.
L’enjeu est désormais de savoir si cette équipe saura incarner une rupture dans le style et l’action, ou si elle se contentera de gérer l’héritage. La nomination la plus politique celle du porte-parole montre au moins une volonté : ne pas laisser les médias dicter l’agenda.
WM



