Dans sa première encyclique intitulée Magnifica Humanitas, publiée le 25 mai 2026, Pape Léon XIV reconnaît officiellement la responsabilité historique de l’Église catholique dans la légitimation de l’esclavage et formule une demande de pardon au nom du Saint-Siège.
À travers ce texte doctrinal, le souverain pontife admet que l’Église a tardé à condamner clairement l’esclavage et certains systèmes de domination qui ont marqué l’histoire coloniale. « L’Église ne peut ni nier ni minimiser le retard avec lequel elle et la société ont condamné le fléau de l’esclavage », écrit-il, avant d’ajouter : « Pour cela, au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon. »
Une reconnaissance historique forte
Le pape évoque une « blessure dans la mémoire chrétienne » et reconnaît que certaines autorités religieuses ont contribué, à différentes périodes, à justifier ou encadrer l’esclavage à travers des décisions théologiques et juridiques.
L’encyclique revient notamment sur plusieurs bulles pontificales du XVe siècle, dont Dum Diversas et Romanus Pontifex, qui avaient accordé aux puissances coloniales européennes le droit de conquérir certains territoires et de réduire des populations en servitude. Ces textes ont servi de base à ce que les historiens appellent la « Doctrine de la Découverte ».
Le Vatican avait déjà répudié cette doctrine en 2023, mais sans annuler officiellement les textes historiques concernés.
Un lien entre esclavage ancien et exploitation moderne
Au-delà du regard porté sur le passé, Léon XIV établit un parallèle entre l’esclavage historique et certaines formes contemporaines d’exploitation. Il met en garde contre les dérives liées à l’intelligence artificielle et à l’économie numérique, évoquant notamment les conditions de travail autour de l’extraction des minerais rares utilisés dans les nouvelles technologies.
Selon lui, certaines pratiques actuelles peuvent représenter des « formes modernes d’esclavage et de colonialisme ».
Une condamnation jugée tardive
Le pape rappelle également que la condamnation universelle de l’esclavage par l’Église n’est réellement intervenue qu’au XIXe siècle, plusieurs siècles après le début de la traite négrière transatlantique.
S’il souligne la nécessité de replacer certains événements dans leur contexte historique, Léon XIV estime néanmoins que cette contextualisation ne doit pas servir à minimiser les responsabilités morales de l’institution religieuse.
Par cette prise de position, le nouveau chef de l’Église catholique ouvre une nouvelle étape dans le travail de mémoire engagé depuis plusieurs décennies autour du rôle de l’institution ecclésiale dans l’histoire de l’esclavage et de la colonisation.
François D’Assise BATCHOLA



