Coup de théâtre dans l’administration Trump. La ministre de la Justice des États-Unis, Pam Bondi, a été limogée jeudi 2 avril 2026, a annoncé un responsable de la Maison Blanche. Cette décision met fin à un mandat marqué par une loyauté affichée envers le président, mais terni par des critiques récurrentes sur sa gestion de l’enquête liée au défunt financier Jeffrey Epstein.
Selon des sources proches du dossier, Donald Trump nourrissait une « frustration croissante » à l’égard de sa ministre, tant sur le traitement des investigations concernant le réseau d’Epstein – un délinquant sexuel condamné, entretenant des liens avec de nombreuses personnalités influentes – que sur la lenteur à poursuivre les détracteurs et adversaires politiques que le président souhaitait voir traduits en justice.
Un limogeage surprise, moins de 24 heures après des éloges
La veille de son éviction, Pam Bondi figurait encore aux côtés de Donald Trump. Elle était présente dans son convoi lors d’un déplacement à la Cour suprême pour une audience sur un décret restreignant le droit du sol, puis lors de son allocution sur la guerre en Iran. Interrogé à ce moment-là sur d’éventuelles rumeurs de départ, le président avait répondu que Pam Bondi était « une personne merveilleuse » et qu’elle accomplissait « un bon travail ».
Moins de 24 heures plus tard, la réalité a rattrapé les déclarations officielles. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a confirmé le limogeage, saluant au passage « une grande patriote et amie loyale », sans toutefois expliciter les raisons de sa décision. L’intérim sera assuré par Todd Blanche, numéro deux du ministère de la Justice et ancien avocat personnel du président.
Une ministre loyale, mais contestée sur l’affaire Epstein
Nommée à la tête de l’appareil judiciaire américain, Pam Bondi s’est distinguée par une défense sans faille du programme de Donald Trump. Elle a mis fin à la longue tradition d’indépendance du ministère de la Justice vis-à-vis de la Maison Blanche, notamment en évinçant des procureurs qui avaient ordonné des enquêtes visant le président.
Toutefois, ce sont les critiques répétées concernant les dossiers Epstein qui ont fragilisé sa position. Des alliés de Donald Trump et certains élus républicains l’ont accusée d’avoir dissimulé ou mal géré la publication des documents relatifs aux enquêtes sur le trafic sexuel organisé par le financier. L’affaire, qui a ravivé l’attention sur l’amitié passée entre Trump et Epstein – que le président affirme avoir rompue « il y a des décennies » – a causé des difficultés politiques à l’exécutif.
Autre point de friction : si Pam Bondi a bien mené la purge voulue par Trump au sein du ministère, elle n’a pas engagé, au goût du président, suffisamment de poursuites contre les détracteurs et adversaires de la Maison Blanche.
Un remaniement stratégique en vue ?
Ce limogeage intervient un mois après celui de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, remerciée le 5 mars pour des critiques sur sa gestion de l’agence et sa politique d’immigration. Pam Bondi devient ainsi la deuxième haute responsable de l’administration Trump à être évincée récemment.
Selon les observateurs, son départ pourrait ouvrir la voie à un remaniement stratégique au sein du ministère de la Justice, avec une possible nouvelle offensive judiciaire contre les cibles désignées par le président. L’intérimaire Todd Blanche, connu pour sa proximité avec Trump, devrait appliquer une ligne encore plus ferme.
En attendant, le contraste est saisissant entre les éloges de la veille et l’éviction du jour – une illustration de plus de la gestion imprévisible des équipes par le 47e président des États-Unis.



