Le Sénégal a décidé de ne pas se positionner en faveur de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Une décision assumée par le président en exercice Bassirou Diomaye Faye, qui met en avant l’absence de concertation préalable dans cette démarche diplomatique.
S’exprimant devant la presse nationale, le chef de l’État a indiqué avoir été surpris par l’annonce de cette candidature. Selon lui, elle ne lui aurait pas été directement présentée par Macky Sall, mais apprise par l’intermédiaire de plusieurs dirigeants africains. Une situation qu’il considère comme révélatrice d’un manque de coordination entre acteurs concernés.
Bassirou Diomaye Faye affirme également que certains partenaires africains lui ont évoqué des pressions autour de cette candidature. Il précise que l’initiative aurait été officiellement soutenue par le Burundi, sans véritable discussion formelle au sein de l’Union africaine. Pour les autorités sénégalaises, cette absence de consultation collective pose un problème de méthode dans un dossier de portée internationale.
Dans ce contexte, Dakar a choisi d’adopter une posture de neutralité. Le président sénégalais explique que le pays n’ayant pas été associé dès le départ au processus, il n’était pas en mesure d’apporter un soutien officiel. Il insiste toutefois sur le fait que cette position ne vise pas à remettre en cause la personnalité de Macky Sall, mais à respecter une ligne diplomatique jugée cohérente.
Cette prise de position intervient dans un climat politique encore marqué par les tensions récentes liées à la transition au pouvoir. Le Sénégal sort en effet d’une période agitée, dominée par les débats autour de la participation de l’opposant Ousmane Sonko à la dernière élection présidentielle, et par la montée en puissance du mouvement Pastef, désormais au centre du paysage politique.
Les relations entre l’ancien régime de Macky Sall et la nouvelle administration restent donc sensibles, dans un contexte de recomposition politique profonde.
En choisissant la neutralité, le Sénégal cherche à préserver sa position diplomatique et à éviter toute controverse dans un dossier international délicat. Cette affaire met en lumière les enjeux de coordination et de transparence dans les candidatures africaines aux grandes fonctions internationales.
Fallone CHABI-BONI



