La polémique est désormais close, du moins du côté du gouvernement. Romuald Wadagni et sa colistière Mariam Chabi Talata ne se serviront d’aucun moyen de l’État dans le cadre de la campagne présidentielle de 2026, face notamment à Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou. C’est l’assurance donnée par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, lors d’une sortie médiatique destinée à dissiper les doutes persistants dans l’opinion.
S’exprimant devant la presse le vendredi 23 janvier 2026, le patron de la communication gouvernementale a tenu à clarifier la situation du ministre d’État, candidat à la magistrature suprême. Selon lui, aucune disposition légale n’oblige un membre du gouvernement à démissionner pour être candidat à l’élection présidentielle. « Avons-nous dans nos textes une prescription légale qui exige la démission d’un ministre candidat à la présidentielle ? », a-t-il interrogé, suggérant clairement que la réponse est négative.
Wilfried Léandre Houngbédji a rappelé que le droit béninois établit une distinction nette entre les fonctions ministérielles et certaines fonctions administratives, telles que celles de préfet, pour lesquelles un retrait préalable est exigé en cas de candidature à un scrutin majeur. Cette situation est d’autant plus valable, selon lui, que le gouvernement Talon se trouve en fin de mandat constitutionnel, conformément à l’article 42 de la Constitution.
Au-delà des considérations juridiques, le porte-parole du gouvernement a mis l’accent sur la dimension éthique et la responsabilité politique. « L’essentiel est de veiller à ce que celui qui occupe une fonction décisionnelle n’utilise pas les moyens de l’État », a-t-il insisté. Sur la compatibilité entre les fonctions gouvernementales de Romuald Wadagni et sa candidature, il s’est montré sans ambiguïté :
« Même s’il reste au gouvernement jusqu’au jour du scrutin, il ne peut pas utiliser les moyens de l’État pour sa campagne. Nous sommes au Bénin, en 2026, cela ne peut pas se faire. »
Dans le même temps, Wilfried Léandre Houngbédji a précisé que le candidat de la majorité présidentielle continue d’exercer pleinement ses responsabilités gouvernementales. Il a notamment joué un rôle central dans une récente opération financière internationale majeure : l’émission d’un sukuk souverain d’un montant de 500 millions de dollars américains.
« Le ministre d’État est en mission depuis une dizaine de jours pour coordonner cette opération, échanger avec les investisseurs et les partenaires », a-t-il expliqué.
En poste au gouvernement depuis 2016, Romuald Wadagni, âgé de 49 ans, est le candidat désigné par la majorité présidentielle pour succéder à Patrice Talon. Face à Paul Hounkpè, leader de la FCBE et figure de l’opposition béninoise, il apparaît, aux yeux d’une partie de l’opinion, comme l’un des grands favoris de cette présidentielle très attendue.
Le verdict des urnes est désormais attendu le 12 avril 2026, date à laquelle les Béninois sauront si les tendances actuelles se confirment.
Fallone CHABI-BONI



