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Politique

Présidentielle 2026/mobilisation à Bohicon : Soglo descend dans l’arène pour Wadagni

Il n’avait pas besoin de discours long. Quelques mots, prononcés d’une voix ferme par le président Nicéphore Soglo à Bohicon, ont suffi pour changer l’atmosphère d’un stade déjà surchauffé. Derrière l’anecdote, une réalité politique : quand un tel homme dit « certain », le mot pèse.

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Il y a des présences qui n’ont pas besoin de s’expliquer. La présence du président Nicéphore Soglo dans le stade de Bohicon, ce jeudi, a suffi à modifier quelque chose dans l’air. Les gens l’ont reconnu. Ceux qui avaient grandi avec son image en tête de l’État, ceux qui avaient appris par cœur les dates de sa présidence à l’école, et les plus jeunes aussi, qui n’ont pas connu son mandat mais qui savent ce que son nom représente dans la mémoire démocratique du pays. Ancien chef d’État, artisan du renouveau démocratique béninois, homme qui a traversé les décennies sans perdre ni son aura ni sa franchise – Soglo ne se déplace pas pour des convenances.

Quand il a pris le micro, le stade s’est tu d’elle-même. Pas par discipline. Par réflexe de respect. Et sa déclaration a été courte, directe, sans ornements rhétoriques. « Moi je suis certain de mon fils Romuald Wadagni, c’est un homme d’action et il fera le boulot. » C’est tout. Ce n’était pas peu.

La valeur d’une certitude

Dans le vocabulaire politique béninois, les soutiens sont monnaie courante. Les déclarations d’allégeance fleurissent à chaque cycle électoral, souvent interchangeables, souvent oubliées le lendemain du scrutin. Ce que Soglo a apporté à Bohicon, c’est autre chose. Il n’a pas dit « je soutiens ». Il a dit « je suis certain ». Cette certitude-là vient d’un homme qui a lui-même exercé le pouvoir, qui en connaît les vertiges et les contraintes, qui a vu de près ce que gouverner exige vraiment. Quand quelqu’un de cette trempe dit qu’il est certain, les gens entendent quelque chose de différent : une évaluation, pas une allégeance.

« Moi je suis certain de mon fils Romuald Wadagni, c’est un homme d’action et il fera le boulot. »

– Président Nicéphore Soglo, à Bohicon.

Une journée qui va au-delà de Bohicon

Ce moment de Bohicon s’inscrivait dans une journée plus large, qui avait commencé à Agbangnizoun au lever du jour et qui devait s’achever à Pobè en fin d’après-midi. Entre-temps, Abomey, Covè, Kétou. Six étapes. Des dizaines de milliers de personnes atteintes, dans des communes qui n’avaient pas toutes l’habitude d’être visitées avec cette intensité par un candidat à la présidence.

Dans chacune, Wadagni avait suivi la même méthode : parler puis donner la parole aux cadres locaux, ces femmes et ces hommes du terrain qui peuvent dire à leurs propres communautés, dans leur propre langue, ce qu’ils font concrètement pour elles. Ce n’est pas de la modestie de façade. C’est une conviction : les gens font davantage confiance à ceux qu’ils connaissent qu’à ceux qui débarquent de Cotonou pour promettre.

Ce qu’il avait dit dans le nord, repères pour le sud

Pour mesurer la cohérence de Wadagni, il faut se souvenir du point de départ. Le 27 mars, il avait ouvert sa campagne à Kandi – à l’extrême nord, là où peu de candidats osent commencer. Puis le Borgou, l’Atacora, la Donga, les Collines. Des promesses précises : reconstruction du pont de l’Okpara à Tchaourou, réouverture de la 3S à Savè, hôpital international à Parakou, mécanisation agricole, sécurité sociale pour le monde paysan. Des engagements construits depuis ce qu’il avait entendu dans les hameaux, lors de visites discrètes menées avant même le coup de pistolet officiel de la campagne.

La même logique s’applique dans le sud. À Abomey, il a parlé de la Société sucrière, du tourisme, du cinéma comme vecteur du narratif historique national. À Covè et dans les Collines, il a abordé la structuration sociale du monde paysan, l’accès aux intrants, la mécanisation. Partout, des réponses calibrées sur ce qu’il avait préalablement entendu.

Ce que Soglo a consacré par sa présence à Bohicon, c’est précisément cette cohérence-là. Pas la surenchère d’un tribun. Pas la légèreté d’un ambitieux pressé. Quelque chose de plus solide. Un homme qui a fait ses devoirs, qui sait où il va, et qui est prêt à être jugé sur ce qu’il aura fait – pas sur ce qu’il aura dit.

« Gouverner n’est pas une récompense. C’est un contrat. Et les contrats, on les honore. »

– Romuald Wadagni, à Bohicon.

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