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Société

Redevabilité et lutte contre la corruption : Social Watch Bénin et Alcrer lancent la 1ère édition de l’Académie citoyenne des jeunes à Parakou

Parakou accueille, du 8 au 10 septembre 2026, la première édition de l’Académie citoyenne des jeunes pour la redevabilité et la lutte contre la corruption. L’initiative est portée par le consortium Social Watch Bénin et l’ONG Alcrer, avec l’appui financier de la Coopération Suisse.

La cérémonie de lancement officiel s’est tenue ce mardi 8 septembre 2026 dans la salle des fêtes Arzèkè de l’Hôtel Kobourou City de Parakou. Cette académie s’inscrit dans le cadre du projet « Agir pour le renforcement de la redevabilité sociale dans la gestion des finances et politiques publiques au Bénin ».

Durant trois jours, une soixantaine de jeunes âgés de 18 à 35 ans bénéficient de formations et d’échanges autour de la redevabilité, de la transparence et de la lutte contre la corruption. Ils sont issus notamment des milieux universitaire, associatif, politique et médiatique, avec une représentation de jeunes parlementaires, de maires des jeunes, de JMS Afrique, de personnes en situation de handicap ainsi que d’étudiants de l’ENAM et de la FADESP de l’Université de Parakou.

La cérémonie a réuni plusieurs acteurs de la société civile, des universitaires, des cadres de l’administration publique, des représentants d’institutions et des autorités locales. Le préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma Naro, a également pris part au lancement.

Former une nouvelle génération d’acteurs venant de tout le territoire national pour la promotion de la redevabilite et la lutte contre la corruption

Dans son mot de bienvenue, Léopold Kohoun, chef d’équipe du Programme de redevabilité phase 3, a rappelé l’accompagnement de la Coopération Suisse au Bénin dans le domaine de la gouvernance démocratique depuis 2016.

Selon lui, la troisième phase du programme, lancée en novembre 2024, vise notamment à consolider les acquis et à renforcer le dialogue entre les acteurs de l’offre et de la demande de redevabilité.

«« Un programme de gouvernance aussi bien conçu soit-il ne peut porter ses fruits sans l’implication des générations qui façonnent les institutions de notre pays. C’est pourquoi la Coopération Suisse et GFA Consulting Group ont tenu à se tenir aux côtés du consortium Social Watch-Alcrer.

Investir dans la formation citoyenne des jeunes n’est pas une dépense accessoire. C’est un investissement stratégique dans la durabilité même de la gouvernance démocratique béninoise », a-t-il déclaré.»

Les participants seront notamment formés aux méthodes de veille citoyenne et de contrôle de l’action publique. Ils auront également l’occasion d’échanger avec des universitaires, des experts, des cadres de l’administration publique et des acteurs de la société civile.

La jeunesse appelée à jouer un rôle de sentinelle

Prenant la parole, Rigobert Orou Ganni, président du conseil d’administration de Social Watch Bénin, a souligné que la jeunesse ne saurait rester en marge des questions liées à la gouvernance du pays.

«« La redevabilité et la lutte contre la corruption ne sont pas l’affaire d’une élite restreinte, mais un combat de tous les jours, porté par des citoyens outillés, vigilants et engagés », a-t-il indiqué.»

Il a précisé qu’au terme de l’académie, les jeunes devraient repartir avec des outils pratiques de veille citoyenne, mais également avec un réseau de jeunes engagés et des plans d’action à mettre en œuvre dans leurs communautés.

Présent à la cérémonie, le préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma Naro, a, pour sa part, appelé les jeunes à prendre leurs responsabilités dans la construction du Bénin de demain.

«« Il revient donc à nous, jeunes, de veiller à ce que tout ce qui se fait se fasse dans les règles de l’art. Si ce n’est pas fait, il faut que nous le sachions et soyons en mesure de rappeler que ce qu’ils sont en train de faire n’est pas dans notre intérêt », a-t-il lancé.»

Dans son discours officiel d’ouverture, l’autorité préfectorale a insisté sur le fait que la lutte contre la corruption ne relève pas uniquement des institutions de l’État. Elle constitue, selon lui, une responsabilité collective.

«« C’est en cela que notre génération a un rôle irremplaçable à jouer : celui de sentinelle de l’intégrité publique, dans nos familles, établissements, partis politiques, organisations et j’en oublie volontiers », a-t-il poursuivi.»

Des jeunes outillés pour passer à l’action

À travers cette première édition, Social Watch Bénin et l’ONG Alcrer ambitionnent de renforcer les capacités des jeunes sur les principes de la redevabilité et de la lutte contre la corruption, tout en leur donnant des outils pratiques de contrôle citoyen.

L’académie entend également favoriser le dialogue entre les jeunes et les experts du monde universitaire, de la société civile et de l’administration publique, afin de susciter des initiatives concrètes en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance.

À l’issue des trois jours de travaux, les organisateurs espèrent voir émerger un réseau de jeunes engagés capables de porter, dans leurs différents milieux, des actions en faveur de la redevabilité et de la lutte contre la corruption.

La cérémonie de lancement s’est achevée par une photo de famille réunissant les organisateurs, les autorités, les personnes ressources et les jeunes participants à cette première édition.

Yédiya ALLOTCHEMEY

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