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Politique

Réformes institutionnelles : Bertin Koovi démonte les critiques de Sèhouéto et Topanou

Dans une tribune publiée ce 7 août 2026, Bertin Koovi s’en prend vivement à l’ancien ministre Lazare Sèhouéto et au professeur Victor Topanou. Il leur reproche de dénoncer aujourd’hui des réformes institutionnelles qu’ils ont contribué à concevoir et défendu lorsqu’ils étaient aux responsabilités. L’économiste appelle les deux anciens proches du pouvoir à assumer leur part de responsabilité avant de porter un regard critique sur l’état de la démocratie béninoise.

TRIBUNE

Sehoueto et Tokpanou ont manqué une occasion de se taire

J’ai écouté, comme beaucoup de Béninois, les interventions du professeur Victor Tokpanou et de Lazare Sehoueto, ancien ministre et ancien député de la mouvance présidentielle. En les écoutant, j’ai éprouvé une profonde tristesse pour notre démocratie et une pensée particulière pour l’ancien Président de la République, aujourd’hui Président du Sénat, Patrice Talon.

Je me souviens que le professeur Victor Tokpanou faisait partie des principaux organisateurs du dialogue politique de 2020. Il a activement participé à un processus dont sont issues les réformes institutionnelles qu’il critique aujourd’hui. Cette évolution de sa position interroge.

Je me souviens également que Victor Tokpanou et Lazare Sehoueto ont occupé d’importantes responsabilités au sommet de l’État. De 2021 à 2026, ils avaient toute la latitude pour attirer l’attention du Président Patrice Talon s’ils estimaient que notre système politique s’éloignait des standards démocratiques qu’ils invoquent aujourd’hui. Ils ne l’ont pas fait.

Je rappelle également qu’ils ont soutenu les réformes institutionnelles, notamment la révision de la Constitution et la création du Sénat. Ils ont donc participé aux choix politiques qui structurent aujourd’hui notre système institutionnel.

Le professeur Tokpanou s’étonne de la qualité de la démocratie dans plusieurs pays anglophones comparée à celle des pays francophones. La comparaison mérite d’être faite. Mais, selon moi, le véritable problème des pays francophones ne réside pas uniquement dans leurs institutions ou dans leurs présidents. Il réside aussi dans une catégorie d’acteurs politiques et intellectuels qui perdent leur esprit critique lorsqu’ils exercent le pouvoir et le retrouvent seulement lorsqu’ils ne sont plus aux responsabilités.

Notre pays souffre moins d’un manque de compétences que d’un déficit de constance. Trop souvent, certains responsables défendent avec enthousiasme des réformes lorsqu’ils sont au pouvoir avant d’en dénoncer les conséquences une fois qu’ils l’ont quitté.

À mes yeux, ceux qui ont participé à la construction d’un système doivent d’abord reconnaître leur propre part de responsabilité avant de venir donner des leçons.

Pour ma part, j’ai fait le deuil de ces interminables débats sur notre démocratie. Aujourd’hui, je concentre mon engagement sur le développement économique, l’industrialisation, les infrastructures, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des Béninois.

L’ancien Président de la République, aujourd’hui Président du Sénat, Patrice Talon, peut constater que beaucoup de ceux qui le critiquent aujourd’hui ont longtemps accompagné et soutenu les réformes qu’ils remettent désormais en cause. Pour ma part, j’assume les positions que je défends publiquement, avec constance.

Enfin, je considère que s’il existe une part de vérité dans les critiques formulées par Victor Tokpanou et Lazare Sehoueto, ils sont parmi les moins bien placés pour les porter. On ne peut être acteur des réformes d’hier et se présenter aujourd’hui comme simple observateur de leurs conséquences sans reconnaître sa propre responsabilité.

Un peu de décence, tout de même, chers messieurs.

07 août 2026.

Sheikh Dr Bertin KOOVI

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