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Politique

Révision constitutionnelle au Sénégal : Ousmane Sonko défend et s’oppose à la tenue d’un référendum

Au lendemain de l’adoption de la révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale, le président du Parlement, Ousmane Sonko, a livré une défense détaillée du texte voté par les députés. Lors de son intervention, lundi 29 juin 2026, il a retracé les origines de la réforme, répondu aux critiques de l’opposition et exprimé son désaccord avec l’idée d’un référendum annoncée par le président Bassirou Diomaye Faye.

Selon Ousmane Sonko, cette réforme est l’aboutissement d’engagements politiques portés par le parti Pastef depuis plus d’une décennie. Il a rappelé que les principales dispositions figuraient déjà dans les programmes défendus lors des élections législatives de 2017, de la présidentielle de 2019 ainsi que des scrutins de 2022 et 2024.

Répondant aux critiques sur l’absence de concertation, le président de l’Assemblée nationale a affirmé que les différentes mesures avaient déjà fait l’objet d’un large dialogue politique. Il a notamment évoqué les consultations initiées par le chef de l’État, auxquelles avaient pris part des formations politiques, des organisations de la société civile et plusieurs acteurs nationaux. Selon lui, les conclusions de ces échanges ont ensuite été confiées à un comité d’experts avant d’être retravaillées durant plusieurs mois.

Ousmane Sonko a également estimé que certaines dispositions issues de ces travaux avaient été retirées du projet initial avant sa transmission au Parlement. Il a notamment cité l’obligation pour le président de la République de déclarer son patrimoine à la fin de son mandat ainsi que l’interdiction pour le chef de l’État d’exercer simultanément la direction d’un parti politique. À ses yeux, ces deux mesures constituaient des engagements historiques du Pastef.

Le président de l’Assemblée nationale s’est, par ailleurs, opposé à l’organisation d’un référendum sur cette révision constitutionnelle. Il considère que le Parlement, ayant réuni la majorité requise pour adopter le texte, a pleinement exercé son pouvoir de révision de la Constitution conformément aux dispositions en vigueur. Pour lui, une consultation populaire sur ce sujet ne se justifie ni sur le plan juridique ni sur le plan financier.

Estimant que le processus parlementaire est arrivé à son terme, Ousmane Sonko a invité le président Bassirou Diomaye Faye à promulguer la loi. Il soutient que cette réforme permettra de renforcer les institutions, d’améliorer la transparence dans la gestion des affaires publiques et de consolider davantage la démocratie sénégalaise.

La suite de la procédure dépend désormais de la décision du chef de l’État, appelé à se prononcer sur la promulgation du texte ou sur l’organisation d’un référendum, comme il l’avait précédemment annoncé.

Moubarak ALI YERIMA

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