(Ils font juste du chantage pour espérer un os dur)
Le problème du Bénin, c’est sa classe politique. Ses intellectuels. Le professeur Victor Topanou et le ministre Sèhouéto ont été avec le président Patrice Talon. Sèhouéto y a même séjourné comme ministre durant plusieurs années. Puis, croyant devoir leur place de choix à Olivier Boko, ils l’avaient suivi dans la tentative de la première révision en brandissant le carton rouge.
Mais, sachant le président Talon très tolérant, et avec l’arrestation de Olivier Boko dans cette affaire de tentative de coup d’État, ils sont tous deux revenus à la maison et ont voté, comme députés, la nouvelle Constitution qui aura donné naissance à ce Sénat. Ils l’avaient adoubée.
Malheureusement pour eux, le bureau directeur de leur parti, pour punir et décourager l’indiscipline, n’a pas cru devoir les mettre sur la liste des candidats aux législatives. Ce fut le crime de lèse-majesté qu’il ne fallait pas commettre contre leur égo et leur ventre.
Victor Topanou, pour avoir été ministre de la Justice sous Boni Yayi et député sous Talon, se voyait candidat au graal de ce Sénat. Mais le président Romuald Wadagni ne l’a pas choisi. Du coup, tout est devenu personnel pour lui. Mais au lieu d’attendre que certaines plaies se cicatrisent pour mériter de revenir à la table du banquet politique, il a choisi la rébellion inutile, oubliant par ailleurs que les populations ne sont plus manipulables comme à l’accoutumée.
Et pendant que le monde salue le génie béninois pour le succès de l’installation du Sénat et de la composition de son bureau, les deux frères rebelles trouvent l’occasion de faire un peu de bruit pour attirer l’attention du président Wadagni, de sorte qu’il soit obligé, pour les calmer, de sortir la carte de l’os à faire taire tout chien errant. Mais le monde a évolué. Le Bénin aussi. Ce chantage ne marche plus. Il appartient à la poubelle de l’histoire politique de notre pays. Ces deux personnalités de notre pays connaissent tous les numéros de téléphone des présidents Wadagni et Talon. Il suffit juste de dire : « On a faim », et le tour sera joué. Il y a encore mille postes à pourvoir, messieurs.
Aboubakar TAKOU



