Longtemps opposé à la création du Sénat, l’ancien président de la République, Boni Yayi, devrait finalement siéger en qualité de membre de droit au sein de la nouvelle institution. L’information, révélée par Africaho et confirmée par une source proche de l’ancien chef de l’État, marque un tournant dans la posture de celui qui avait vivement critiqué cette réforme institutionnelle.
En novembre 2025, Boni Yayi avait dénoncé la création du Sénat, qu’il jugeait « ni opportune ni légitime », estimant qu’elle portait atteinte aux principes démocratiques et à la séparation des pouvoirs. Il avait alors affirmé qu’il ne prendrait pas part à cette institution, qu’il considérait comme une remise en cause de l’équilibre institutionnel du pays.
Mais à l’approche de l’installation officielle de la Chambre haute, prévue le 30 juillet prochain, l’ancien président semble avoir revu sa position. Selon les informations rapportées par le site d’information Africaho, il a accepté de siéger aux côtés des anciens présidents Patrice Talon et Nicéphore Soglo.
La condition…
Cette décision ne serait toutefois pas inconditionnelle. Toujours selon la même source, Boni Yayi aurait formulé plusieurs attentes à l’endroit du président Romuald Wadagni avant de donner son accord. Si le contenu précis de ces échanges n’a pas été rendu public, il est notamment question de la poursuite de la décrispation de la vie politique, du respect des libertés publiques, de la libération des personnes considérées comme détenus politiques et du retour de certains exilés.
À quelques semaines de l’installation du Sénat, la présence annoncée de Boni Yayi ouvre une nouvelle séquence politique. Reste à savoir si cette participation traduira une adhésion à la nouvelle architecture institutionnelle ou la volonté d’exercer pleinement les prérogatives que lui confère désormais son statut d’ancien chef de l’État.
Alassane IMOROU SANDA



