Opposé à la création du Sénat et réticent à y siéger, l’ancien président Boni Yayi a finalement décidé d’exercer son mandat de sénateur. Il justifie ce revirement par l’évolution du contexte politique national et la nécessité de préserver un cadre de dialogue.
L’ancien président de la République, Boni Yayi, a annoncé qu’il siégera finalement au Sénat, alors qu’il avait précédemment déclaré qu’il n’intégrerait pas cette institution dont il contestait la création.
Dans une déclaration adressée à ses compatriotes, il explique que l’évolution du contexte politique l’a conduit à revoir sa position. Selon lui, le Sénat peut désormais constituer un espace de dialogue dans un environnement marqué par la réduction des cadres d’échanges politiques.
« Après mûre réflexion, il apparaît que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple », a-t-il déclaré.
Boni Yayi affirme que sa décision s’inscrit dans le respect des dispositions constitutionnelles. « Je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », a-t-il précisé.
L’ancien chef de l’État dit vouloir contribuer, aux côtés des autres sénateurs, à faire de cette nouvelle institution un espace au service des intérêts du peuple. Ce revirement intervient dans un contexte politique marqué par l’installation du Sénat et ne devrait pas manquer de susciter des réactions au sein de la classe politique béninoise.
Lisez-plutôt ci-dessous l’intégralité de sa déclaration.
Mes chers compatriotes,
Au moment où le projet de loi portant révision de la Constitution et instituant le Sénat a été introduit, et avant même son examen par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, j’avais publiquement fait connaître ma position, en indiquant clairement que je n’envisageais pas de siéger au sein de cette institution, pour les raisons que j’avais alors exposées.
La loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore.
Les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats.
Chers compatriotes,
Je partage les préoccupations du peuple quant à la nécessaire décrispation de la vie politique, à travers la prise en compte des priorités qui ont toujours été les miennes, à savoir : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales incompatible avec l’existence de prisonniers et d’exilés politiques, le renforcement des acquis de l’unité nationale, la sécurité, la défense du territoire, le dialogue, la démocratie et la paix.
Je vous rassure : je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie , le pain et la paix.
Je resterai fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique.
C’est pourquoi, après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple.
Mes Très chers compatriotes,
En vertu de l’article 113-3 de la constitution, je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la constitution.
Je m’efforcerai avec mes collègues à faire du Sénat un vase d’honneur pour les intérêts du peuple.
Continuons de prier pour notre pays et d’œuvrer pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie.
Union de prières.
Dieu bénisse le Bénin !



