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Afrique Politique

Sénégal : Le divorce est consommé, Diomaye Faye érige son propre « bouclier » face à Ousmane Sonko

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement acté sa rupture avec Ousmane Sonko en lançant sa propre formation politique. Baptisé « Kiiraay » (« bouclier » ou « protection » en wolof), ce nouveau parti marque un tournant historique pour le pouvoir à Dakar. Moins d’un an après des tensions croissantes au sommet de l’État, le chef de l’exécutif choisit de s’émanciper définitivement du Pastef.

La fin de la dyarchie exécutive

L’annonce s’est déroulée ce samedi 25 juillet à l’hôtel King Fahd de Dakar. Ce lieu hautement symbolique abritait autrefois les grands événements de la coalition « Diomaye Président ». Devant des centaines de partisans enthousiastes, le chef de l’État a proclamé que « Kiiraay » était d’ores et déjà la force « majoritaire dans ce pays ».

Le parti, dont le slogan est « Patriotes républicains », affiche ses priorités :

  • La justice sociale
  • L’éthique et la transparence
  • La fraternité et le travail
  • Un congrès fondateur prévu juste après la saison des pluies.

Du compagnon de cellule à l’adversaire politique

Porté au pouvoir en 2024 grâce au soutien massif d’Ousmane Sonko (alors inéligible), Bassirou Diomaye Faye s’éloigne de son ancien mentor. Nommé Premier ministre au début du mandat, Ousmane Sonko avait finalement été limogé par le président à la suite de profonds désaccords, notamment sur la gestion de la dette publique. La guerre d’usure politique s’est depuis déplacée sur le terrain institutionnel: Un Parlement sous contrôle : Ousmane Sonko a rebondi en prenant la présidence de l’Assemblée nationale. Son parti, le Pastef, y conserve une majorité écrasante avec 130 députés sur 165.La bataille législative : Fin juin, l’Assemblée avait voté une loi pour interdire au chef de l’État de diriger un parti. Le Conseil constitutionnel a toutefois invalidé ce texte début juillet, ouvrant la voie à la création de « Kiiraay ».

Un bras de fer pour le contrôle de la base

Ce schisme provoque déjà des remous au sein du Pastef, où le camp présidentiel affirme enregistrer de nombreuses défections de maires et d’élus locaux. Si l’entourage d’Ousmane Sonko minimise ces mouvements en parlant de « moins d’une cinquantaine de démissions », la recomposition du paysage politique sénégalais est bel et bien lancée.

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