Dakar, 2 juin 2026 – Limogé de son poste de Premier ministre et écarté du nouveau gouvernement, Ousmane Sonko, chef du parti majoritaire Pastef, a rompu le silence. Au cours d’une sortie médiatique cet après-midi, il a affirmé que son parti « ne censurera pas » l’exécutif, mais a appelé le président Bassirou Diomaye Faye au « dialogue » pour éviter une nouvelle crise politique.
« Nous ne censurerons pas », a-t-il précisé, tout en annonçant que son parti allait « accompagner » le nouveau gouvernement, malgré son absence dans l’équipe ministérielle annoncée la veille.
« Nous sommes dans une situation de cohabitation »
Ousmane Sonko a livré une analyse sans concession des rapports de force actuels. « Nous sommes, qu’il le veuille ou pas, dans une situation de cohabitation. Il n’a pas un seul député à l’Assemblée nationale. Il n’a pas tous les pouvoirs. Il faut qu’il redescende de son piédestal et qu’on se parle », a-t-il déclaré, en référence directe au chef de l’État.
Une sortie qui révèle l’ampleur du fossé entre les deux anciens alliés, qui avaient pourtant conquis ensemble la présidence en mars 2024.
« Mes positions l’incommodaient »
Sonko a également confié que le président Bassirou Diomaye Faye lui avait fait savoir qu’« un certain nombre des positions que j’avais prises ces derniers temps l’incommodaient et posaient problème ». Une explication qui éclaire les tensions ayant conduit à son éviction du poste de Premier ministre et à l’exclusion de son parti du gouvernement.
Malgré la rupture, le leader du Pastef semble vouloir maintenir une opposition constructive, refusant la censure mais réclamant un rééquilibrage des pouvoirs. Reste à savoir si l’appel au dialogue sera entendu par un président désormais libre de gouverner sans son ex-mentor.



