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Société

Soupçons de passe-droits au HCPC : Jacques Migan au cœur d’une tempête contractuelle

*L’institution anticorruption touchée pour des pratiques douteuses

C’est une ironie cinglante pour une institution érigée en bastion de la transparence et de la bonne gouvernance au Bénin. Le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC) se retrouve au centre d’une affaire embarrassante.

Une enquête administrative et journalistique met en lumière des pratiques contractuelles pour le moins atypiques en son sein, impliquant directement le Haut-Commissaire, l’ancien Bâtonnier Jacques Acheffon Migan.

Un double engagement pour une seule personne

Au cœur du dossier rendu public par le groupe de presse Le Potentiel figure une élève-avocate titulaire d’un doctorat en droit. Le 19 janvier 2026, cette dernière a paraphé deux actes distincts avec le HCPC : une convention de stage « PPI » à temps plein (indemnisée à hauteur d’environ 693 euros par mois) et un contrat à durée déterminée (CDD) de six mois au poste de chargée de mission. Ce second contrat garantit une rémunération mensuelle nette de 700 000 FCFA.

Outre la superposition chronologique de deux statuts à temps plein dans la même structure, le contenu des fiches de poste pose problème : les tâches assignées à la stagiaire chevauchent quasi à l’identique les responsabilités salariées attribuées par le CDD.

Le télétravail en question

Pour justifier cette présence simultanée sur deux fronts, une note de service interne signée fin décembre 2025 par Jacques Migan autorise la pratique du télétravail. Le document invoque notamment les habitudes prises depuis la crise de la Covid-19. Or, cette justification soulève d’importantes interrogations juridiques.

En droit du travail béninois, les dispositions d’urgence liées à la pandémie sont désormais caduques et une simple note d’organisation ne saurait supplanter le cadre légal ou le Code du travail, lequel ne prévoit pas de disposition permettant à un stagiaire de cumuler un CDD à temps plein en télétravail.

L’option du silence face aux interpellations

Invité à apporter des clarifications contradictoires sur la légalité de ce dispositif, les preuves d’enregistrement administratif de la note ou encore la réalité des prestations fournies, le président de l’institution a fait le choix du silence. Ce silence face aux demandes d’éclaircissements accentue le malaise autour de la gestion des ressources et des fonds publics de cet organe.

Des appels à une enquête approfondie

Face aux zones d’ombre persistantes et à la gravité des faits documentés, des voix s’élèvent pour réclamer l’intervention des organes de contrôle de l’État, notamment le Bureau d’Analyse et d’Investigation (BAI) ainsi que l’Inspection Générale des Finances (IGF), afin d’auditer en profondeur les pratiques managériales du HCPC.

WM

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