Le président Talon est un 10. Il est un guide. Il sait tout faire : se faire détester un bout de temps par incompréhension et se faire aimer, désirer pour le reste du temps. C’est d’ailleurs la marque des visionnaires. Combien étaient légion, les actuels membres de ce Sénat, à l’avoir critiqué, lui et en même temps ce projet d’institution de cette haute chambre du Parlement béninois !
Mais il est resté seul, bien droit sur ses talons pour continuer les chantiers de cette institution. Les plus intelligents avaient compris ses premières intentions : élever de grosses défenses à la paix pour le septennat de son fils, son choix, le président Romuald Wadagni. Et, dans le même temps, permettre au Bénin de s’adosser à l’expérience on ne peut plus capitale de son élite la plus avertie pour renforcer son développement. Il a réussi. La preuve : c’est avec un sourire XXXL que tous ses anciens adversaires ont accueilli la réalité du rêve. De Adrien Houngbédji à Ousmane Batoko en passant par Robert Dossou, tout le monde est en mode Cupidon pour Patrice Talon.
Mais c’est pour le président Boni Yayi qui a étonné le monde entier. C’est d’abord son revirement à 180 degrés qui a renversé l’estomac de ses anciens camarades de la ligne dure. Puis cet été d’amour entre lui et son ennemi politique de ces dernières années. Le président Yayi est devenu fou de son frère. Que ce soit à l’installation du Sénat ou au défilé du 1ᵉʳ Août, le président Yayi ne perd pas une minute pour se jeter dans les bras de son amour. Petite tape à l’épaule, petit mot, grand sourire : tout laisse entrevoir une lune de miel pour ces deux-là qui ont perdu un temps fou à se détester virtuellement quand tout les unissait. Il ne peut y avoir de Yayi sans Talon, ni de Talon sans Yayi. Ces deux-là sont les deux bornes d’une même pile, d’où la sincérité de cette idylle retrouvée. C’est à peine si le président Yayi ne cherche pas le savon du Cauri Paul Hounkpè pour susciter l’attention du cœur de son homme du moment. Et à ce rythme, on risque de voir le président Talon demander Boni Yayi en mariage, maintenant qu’un hôtel sera érigé en l’honneur de l’institution qui va les employer pour 5 ans au minimum.
Le président Talon a cette grâce dans les choses qu’on est parfois tenté de lui dire : « Monsieur le Président, prenez ma femme pour 7 mois de vacances sur une île paradisiaque. » Et même quand il veut être dur, très dur, c’est la victime qui est sublimée par son génie maléfique, mais surtout visionnaire. Yayi est amoureux.
Aboubakar TAKOU



