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Société

Trêve politique, Sénat et autres : Atchadé et les siens déraillent

Le meeting de Parakou devait être un moment de remobilisation pour Les Démocrates. Il s’est transformé en une tribune où le parti a une fois de plus montré ses limites : incapables de proposer des alternatives constructives sur les véritables enjeux du pays, Nourénou Atchadé et ses camarades préfèrent chercher la petite bête là où il n’y en a pas. Alors que des questions cruciales comme le sort des exilés et des prisonniers restent en suspens, ils choisissent de critiquer une institution naissante au lieu de l’accompagner.

La trêve politique, un prétexte pour ne rien faire ?

Pour Nourénou Atchadé, la trêve politique ne saurait signifier le silence de l’opposition. Une position en soi légitime. Mais au lieu d’utiliser cette période pour construire des propositions et plaider pour des causes essentielles, le président des Démocrates s’évertue à critiquer ce qui se construit. La suppression de la CENA, le fonctionnement du Sénat, les dépenses de l’État : autant de sujets qu’il aborde sans jamais apporter la moindre solution alternative.

« S’il y a des dérives, nous allons les critiquer », a-t-il martelé. Une posture d’opposition systématique qui, à force de vouloir tout critiquer, finit par ne plus être entendue. Car où sont passées les vraies questions ? Qu’en est-il du sort des prisonniers ? Qu’en est-il des exilés qui attendent une main tendue ? Ce sont ces dossiers-là que l’opposition devrait porter devant le Sénat, cette nouvelle institution qui se veut une chambre de régulation et d’apaisement. Mais non. Atchadé et les siens préfèrent s’attaquer à des détails.

Un Sénat critiqué avant même d’avoir pu agir

Le président des Démocrates souhaite voir dans le Sénat un véritable « Conseil des sages ». Une belle intention. Mais dans les faits, il lui reproche déjà ce qu’il n’a pas encore fait. Plutôt que de saluer la création d’une institution qui pourrait justement offrir un cadre pour examiner les lois et apaiser les tensions politiques, il préfère la regarder avec suspicion.

Le Sénat, avec Patrice Talon à sa tête, est une opportunité historique pour le Bénin. Il peut être le lieu où les grandes questions nationales, y compris celles des prisonniers et des exilés, trouvent une issue. Mais pour cela, il faudrait que l’opposition joue le jeu, qu’elle accompagne cette dynamique au lieu de la torpiller avant même qu’elle ait pu faire ses preuves.

La facilité de la critique, l’absence de propositions

Le meeting de Parakou aura surtout montré une chose : Les Démocrates excellent dans l’art de critiquer, mais peinent à proposer. Attaquer la CENA, contester les dépenses de l’État, douter du Sénat : c’est facile, c’est confortable. Mais où sont les solutions ? Où sont les propositions pour sortir le pays de l’ornière ?

Atchadé parle d’une opposition à la fois critique et capable de reconnaître les avancées. C’est louable. Mais reconnaître quelques avancées pour mieux critiquer le reste n’est pas une stratégie politique, c’est une posture. Les Béninois attendent autre chose : des propositions, des alternatives, et surtout une opposition qui se saisisse des vrais sujets.

Le Sénat, une chance pour les exilés et les prisonniers

Au lieu de critiquer le Sénat, Les Démocrates feraient mieux de l’utiliser. Car c’est bien dans cette enceinte que les questions sensibles peuvent être portées. C’est là que le sort des prisonniers peut être évoqué, que les exilés peuvent trouver une oreille attentive. Mais encore faut-il accepter de jouer le jeu, de croire en cette institution et de l’accompagner dans sa construction.

En choisissant la facilité de la critique, Nourénou Atchadé et les siens passent à côté de l’essentiel. Le Bénin est en pleine transformation. Il a besoin d’une opposition constructive, pas d’une opposition qui déraille.

Worou MERE

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