Après un discours présidentiel ferme sur la lutte contre l’immigration clandestine et les milices xénophobes, la tension persiste en Afrique du Sud. Le lundi 8 juin, des manifestations anti-migrants ont eu lieu dans plusieurs provinces, mettant en lumière l’écart croissant entre les discours officiels et la réalité sur le terrain.
Le président Cyril Ramaphosa a annoncé des mesures strictes pour faire face à cette situation tendue. Il a prévu la création de tribunaux spéciaux pour accélérer les expulsions des clandestins et renforcer les sanctions contre les entreprises employant des travailleurs sans papiers. Il a également rappelé aux milices citoyennes que le contrôle d’identité relève de la seule compétence de la police.
Ces annonces ont temporairement soulagé les entrepreneurs étrangers légalement installés, qui étaient préoccupés par le silence des autorités. Cependant, certains résidents étrangers restent sceptiques et estiment que le pouvoir minimise la gravité des violences. Pris entre les enjeux électoraux et économiques à cinq mois des élections locales, le président Cyril Ramaphosa se trouve dans une impasse politique majeure. Dans un contexte marqué par un taux de chômage élevé, la communauté immigrée est souvent désignée comme responsable des problèmes économiques du pays.
Malgré les déclarations présidentielles, les manifestations se sont poursuivies dans les townships de Johannesburg ainsi que dans les provinces du Limpopo et du Cap-Occidental. Des milices autoproclamées ont fixé un ultimatum au 30 juin pour exiger le départ des étrangers en situation irrégulière. Alors que certains pays ont commencé à rapatrier leurs citoyens face à l’inaction perçue du gouvernement sud-africain, les semaines à venir seront cruciales pour l’autorité de l’État sud-africain.
Jean De Dieu TRINNOU



