*Ce que risque un fraudeur
*Elle lance un appel à la responsabilité citoyenne
Vols d’énergie, compteurs trafiqués, branchements sauvages… Face à la montée des pratiques illégales dans le secteur de l’électricité, la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) tire la sonnette d’alarme. Invité d’une émission spéciale, Thierry CODO, directeur de l’éthique et de la conformité, a détaillé les risques économiques, juridiques et humains de ces fraudes, tout en appelant chaque citoyen à agir.
Une mission de lutte contre la fraude devenue cruciale
« Notre rôle est de faire respecter les valeurs, les principes et les règles de conduite, dans le respect des textes nationaux et internationaux, et de lutter contre la fraude. » C’est par ces mots que Thierry CODO a introduit le sujet, soulignant l’urgence d’une situation marquée par la recrudescence des pratiques illicites dans le secteur énergétique béninois.
Vols de compteurs, déplacements frauduleux de compteurs d’une zone à une autre, raccordements illicites au réseau, manipulations destinées à réduire ou à bloquer l’enregistrement de la consommation réelle : les méthodes sont nombreuses et parfois organisées en réseaux structurés.
Des pertes financières qui freinent les investissements
Les conséquences pour la SBEE sont lourdes. L’énergie non facturée génère d’importantes pertes financières, ce qui limite les capacités d’investissement de l’entreprise, notamment en matière d’extension et de densification du réseau.
Mais le préjudice ne s’arrête pas là. Les usagers honnêtes subissent un service instable et une forme de concurrence déloyale, particulièrement pénalisante pour les petites activités économiques dépendantes de l’électricité.
« Nous sommes tous impactés par le vol d’énergie », insiste Thierry CODO, appelant à une prise de conscience collective.
Un danger mortel pour les fraudeurs et leurs voisins
Au-delà de l’économie, la fraude électrique tue. Les branchements anarchiques et les manipulations de compteurs exposent les fraudeurs et leur entourage à des risques très élevés d’électrocution, d’électrisation et d’incendie.
« Il existe un risque très élevé d’accidents pouvant entraîner des pertes en vies humaines, y compris dans les habitations voisines », alerte le directeur de l’éthique.
Ce que dit la loi : prison ferme et amendes pouvant atteindre 5 millions FCFA
Face à ces dérives, la législation béninoise est sans équivoque. L’article 87 du Code de l’électricité du 1er avril 2020 prévoit :
• 3 à 4 mois d’emprisonnement
• Des amendes de 1 à 5 millions de francs CFA
• Des factures de redressement à la charge du fraudeur
La SBEE collabore étroitement avec les forces de sécurité publique. « Les fraudeurs sont interpellés puis présentés devant le procureur », précise Thierry CODO.
Un numéro WhatsApp pour dénoncer anonymement
Pour renforcer la lutte, la SBEE mise sur l’implication des citoyens. Un numéro WhatsApp (01 98 89 90 12) a été mis en place pour signaler anonymement les cas de fraude.
« Ni l’identité, ni le numéro du dénonciateur ne seront divulgués », garantit le responsable. Un système d’encouragement des dénonciateurs est également prévu.
L’appel ferme de la SBEE : n’achetez pas de compteurs au marché noir
En conclusion, Thierry CODO lance une mise en garde claire : évitez tout recours aux circuits parallèles, notamment l’achat de compteurs auprès de personnes non autorisées.
« Lorsque vous achetez un compteur frauduleux, vous héritez de la fraude », prévient-il.
La SBEE, un patrimoine national à protéger ensemble
Pour la SBEE, l’enjeu est clair : protéger un patrimoine national et garantir un service fiable à tous les Béninois. Mais la réussite de cette lutte dépend aussi de l’engagement de chacun.
« La SBEE est un patrimoine de l’État. Nous devons tous le protéger », conclut Thierry CODO.
WM



