Le ton a changé à Niamey. Après trois ans de crispations et d’accusations mutuelles, le Niger affiche une nouvelle posture conciliante envers le Bénin. Le général Mohamed Toumba, ministre d’État nigérien de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a déclaré dimanche 21 juin à Cotonou que « les accusations de déstabilisation sont derrière nous ». Une déclaration qui marque un tournant dans les relations entre les deux pays, alors que les experts viennent d’achever leurs travaux sur la réouverture de la frontière commune.
« Une nouvelle voie, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel »
À l’issue de deux jours de réunions intenses, le général Toumba a salué l’esprit qui a guidé les échanges. La rencontre du 2 juin derniers entre Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani à Niamey a ouvert « une nouvelle voie, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel », a-t-il déclaré. Une formule qui tranche avec les tensions qui ont marqué les relations bilatérales depuis le coup d’État de juillet 2023.
« La délégation béninoise est entièrement engagée »
De son côté, le ministre béninois de l’Intégration Africaine, Olushegun Adjadi Bakari, a affirmé que « la délégation béninoise est entièrement engagée pour que les efforts constatés au cours des dernières semaines et les avancées notables dans les réflexions se concrétisent ». Il a également souligné que les échanges se sont déroulés dans un « esprit de fraternité et de compréhension mutuelle ».
Des préalables sécuritaires posés par Niamey
Si la posture est conciliante, le Niger n’a pas renoncé à ses exigences. La délégation nigérienne a formellement notifié deux préalables sécuritaires jugés « non négociables » : la signature d’un accord bilatéral de défense et de sécurité fondé sur le principe de non-agression, et une transparence totale sur les dispositifs militaires étrangers stationnés à proximité des frontières nigériennes, assortie de la création d’une cellule de renseignements conjointe.
Ces deux exigences renvoient au contentieux qui oppose les deux pays depuis 2023. Mais le fait qu’elles aient été formulées dans un cadre de dialogue, et non plus de confrontation, témoigne de la nouvelle dynamique impulsée par les deux présidents.
La réouverture, « une question de jours » ?
Interrogé sur la date de réouverture, un membre de la délégation nigérienne a confié : « C’est pour bientôt. » Si aucune date précise n’a été annoncée, les deux parties se sont accordées sur plusieurs points et le rapport final sera désormais soumis aux présidents Wadagni et Tiani pour validation.
Une nouvelle ère pour les relations bilatérales
Avec cette déclaration conjointe, les deux ministres envoient un signal fort : l’heure n’est plus aux accusations, mais à la coopération. Le général Toumba et Olushegun Adjadi Bakari ont scellé un accord de principe qui pourrait marquer la fin de trois ans de fermeture de la frontière. Reste à savoir si les deux présidents valideront les conclusions des experts.
AY



