(Née en Afrique du Sud, elle doit fuir vers un pays qu’elle ne connaît pas)
L’Afrique du Sud est une nouvelle fois secouée par une vague de violences xénophobes. Des milliers de ressortissants du Malawi convergent vers le centre-ville de Durban, dans l’espoir d’être rapatriés rapidement avant les manifestations anti-immigration prévues le 30 juin. Le camp de réfugiés, installé sur un immense parking désaffecté, ne désemplit pas malgré les rapatriements déjà effectués.
Un camp de réfugiés sous haute surveillance
Dans le ciel, un hélicoptère survole l’immense camp de réfugiés malawites. Devant les grilles, un flot incessant de voitures dépose des familles désemparées, chargées de leurs valises. « Je n’ai pris que trois sacs », confie un homme. Une femme, visiblement éprouvée, ajoute : « J’ai dû abandonner beaucoup d’affaires, juste l’essentiel, et je suis avec ma fille de sept mois car nous ne sommes plus en sécurité. »
Un climat de peur et de violence
Récemment, un ressortissant du Malawi a été tué en marge d’une manifestation anti-immigration. La peur s’est répandue dans les communautés étrangères. Freedom, un jardinier malawite, utilise sa voiture pour aider ses compatriotes à fuir : « Les gens ont tellement peur. Je m’occupe de les déposer ici car, dans nos communautés, la situation n’est pas bonne. Hier, ils passaient en voiture pour dire à tous les étrangers de rentrer chez eux, avant la date limite du 30 juin. Au moins, ici, on est protégés par la police. »
Une attente longue et incertaine
L’attente est longue sur ce parking désaffecté. Les réfugiés doivent d’abord s’enregistrer auprès des services d’immigration avant de pouvoir monter dans un bus direction le Malawi. Le gouvernement sud-africain annonce avoir déjà permis le rapatriement d’environ 10 000 Malawites, mais le camp continue de se remplir.
Une jeune femme de 18 ans, née en Afrique du Sud, ne connaît pas le Malawi mais regrette de devoir y aller. « Ce sera la première fois que je vais là-bas. Je suis née en Afrique du Sud, mais je n’ai plus aucune raison de rester, car on nous attaque. » Interrogée sur sa colère contre les manifestants, elle répond : « Oui. C’est très grave, c’est terrible. »
Alors que la queue à l’entrée du camp ne désemplit pas, la ville de Durban tente également de transférer certains réfugiés vers un autre lieu, au nord du pays, pour soulager la pression sur le camp.



