(L’intégralité de l’émission sur BL TV)
Alors que le paysage institutionnel béninois connaît d’importantes mutations avec l’avènement du Sénat — véritable chambre de sagesse —, la suspension provisoire de la CENA et les nouvelles orientations de la diplomatie béninoise, les déclarations répétées du Dr Bertin Koovi alimentent la controverse dans le marigot politique. Reçu sur le plateau de l’émission « Face à l’Actu », l’analyste politique Aboubakar Takou, remet les pendules à l’heure. Entre tentatives d’opposer le mentor Patrice Talon à son produit Romuald Wadagni, attaques ciblées contre Abdoulaye Bio Tchané (ABT) ou Joseph Djogbénou, et logorrhée sur les réseaux sociaux, voici le décryptage sans complaisance des vrais enjeux du moment.
Le piège politique d’une fausse rupture entre Patrice Talon et Romuald Wadagni
En l’espace de deux mois, l’échiquier politique béninois a amorcé un tournant majeur. Cependant, en coulisses comme sur la Toile, des voix s’élèvent pour instiller le doute et la division au sein de la mouvance présidentielle. Au premier rang de ces agitateurs figure le Dr Bertin Koovi, dont les récentes prises de parole remettent en cause le rôle de l’ancien président Patrice Talon, tout en prétendant faire l’apologie exclusive de l’actuel Chef de l’État, Romuald Wadagni.
Pour l’analyste politique Aboubakar Takou, cette tentative d’opposer l’ancien au nouveau président relève d’une profonde incohérence et d’une manœuvre politique périlleuse :
« Vouloir aujourd’hui vilipender l’ancien président Patrice Talon au profit du président Romuald Wadagni est une erreur politique monumentale et un manque d’élégance flagrant. Romuald Wadagni est le produit, le choix assumé et le continuateur de la dynamique engagée depuis 2016 par Patrice Talon. Tenter de diviser le père et le fils, le mentor et son produit, c’est s’attaquer à l’héritage même de la rupture. » Dit Aboubakar Takou
Pendant dix ans, Patrice Talon a entrepris des réformes courageuses et structurelles, avec Romuald Wadagni comme ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances. Vouloir aujourd’hui créer un « wadagnisme » contre le « talonnisme » est un faux débat monté de toutes pièces par des acteurs en quête de repositionnement.
Le Sénat : Une chambre de sagesse républicaine et de réconciliation
L’un des principaux points d’achoppement soulevés par Bertin Koovi concerne l’installation et la présidence du futur Sénat. Koovi soutient que Patrice Talon ne devrait pas diriger cette institution. Or, la réalité et l’esprit du texte fondateur disent tout autre chose.
Le Sénat béninois est conçu comme une chambre de sages, regroupant les personnalités ayant exercé les plus hautes charges de l’État (anciens présidents de la République, anciens présidents de l’Assemblée nationale, anciens présidents de la Cour constitutionnelle, etc.). Sa mission essentielle n’est pas de gérer le budget ni l’action exécutive du gouvernement, mais de veiller à la stabilité politique, à l’apaisement social et à la cohésion nationale.
Les piliers du rôle du Sénat :
• Stabilité et Paix sociale : Offrir un cadre institutionnel de haut niveau pour désamorcer les crises et élever les défenses de la paix.
• Chambre de Recours et de Clémence : Constituer le guichet républicain approprié auquel les citoyens et acteurs politiques peuvent adresser leurs requêtes d’apaisement, de grâce ou de réconciliation.
• Leadership d’Expérience : Bénéficier de la stature et de l’expérience de Patrice Talon, dont l’implication à la tête de cette chambre est perçue comme un gage de rigueur et d’équilibre.
Comme le souligne Aboubakar Takou, demander à Patrice Talon de prendre la tête de ce Sénat relève de l’intérêt supérieur de la Nation et d’une demande de la classe politique elle-même, afin de capitaliser sur son expérience au service de la paix.
Attaques contre ABT, Djogbénou et piliers du système : L’incohérence des « zélés »
La rhétorique du Dr Bertin Koovi ne s’arrête pas à la personne de Patrice Talon. Elle s’en prend également de manière virulente à des cadres clés du système partisan, à l’instar d’Abdoulaye Bio Tchané (ABT), secrétaire exécutif du Bloc Républicain (BR), ou de Joseph Djogbénou, président de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R).
Aboubakar Takou dénonce la contradiction flagrante de cette démarche :
• Comment prétendre soutenir le Chef de l’État tout en détruisant les piliers majeurs de sa majorité parlementaire et politique ?
• Pourquoi multiplier les invectives quotidiennes sur les réseaux sociaux au lieu d’observer une autodiscipline militante ?
L’analyste politique rappelle que la politique exige de la réserve, du respect envers les acteurs qui ont structuré le système partisan, et le sens du devoir collectif. Les attaques personnelles répétées ne font que fragiliser l’appareil d’État et désorienter les militants à la base.
Diplomatie de Wadagni et gouvernance : Priorité à la sérénité et aux résultats
Sur le plan de la gouvernance et de la diplomatie, le Bénin sous l’impulsion du Président Romuald Wadagni poursuit une ligne offensive, pragmatique et respectée sur la scène internationale. Cette dynamique nécessite un climat intérieur serein, libéré des querelles d’ego et des guerres de tranchées numériques.
La vérité est donc claire :
- L’unité du bloc présidentiel est scellée autour de la continuité des réformes et de la complémentarité entre les institutions.
- Le Sénat jouera pleinement son rôle de régulateur politique, avec à sa tête des personnalités d’État légitimes.
- Les gesticulations médiatiques individuelles doivent céder la place à la discipline républicaine pour accompagner l’action gouvernementale et la diplomatie béninoise vers des résultats probants.
WM



