(Wadagni dit non et s’impose aux deux dinosaures)
Pour services rendus à la Nation béninoise, le président Talon et son ancien ministre d’État et ami, Abdoulaye Bio Tchané, se préparaient à une belle retraite, faite de voyages, de découvertes, de jeux de dames et de commentaires devant la télévision, à suivre des matchs de la Ligue des champions. Mais ils devront encore attendre un peu. On ne libère pas des références qui ont encore du jus dans le corps. Et c’est au bout de l’ancienne corde qu’on tresse la nouvelle. C’est certainement le sentiment de l’actuel président, Romuald Wadagni, pour oser briser le rêve de son mentor et de son ancien collègue, Abdoulaye Bio Tchané.
Le rêve de se disputer autour d’un jeu de dames ou de s’affronter devant la télé en Liga (Abdoulaye Bio Tchané étant merengue quand son ancien patron, Patrice Talon, lui, est blaugrana) devra encore attendre quelques années. Les petites taquineries avec les petits-enfants aussi. Le devoir appelle. Et c’est le cas du président du Bloc républicain, Abdoulaye Bio Tchané, élu brillamment hier à la tête du CES sur des instructions à peine cachées du chef de l’État, Romuald Wadagni, grand maître de la situation. Dans une dizaine de jours, ce sera aussi le cas de l’ancien président que son successeur prépare à la tête du prestigieux Sénat. Il faut saluer le courage du chef de l’État pour avoir pris cette option de maintenir ses deux « papas » dans ces fonctions stratégiques pour le développement économique et, pour la plus précieuse, la paix.
L’ancien ministre d’État, qui a accumulé plus de quarante ans d’expérience à la tête de plusieurs institutions financières internationales et occupé à plusieurs reprises des fonctions ministérielles, a entre les mains suffisamment d’outils pour accompagner le rêve du président Wadagni de faire du Bénin, dans les sept prochaines années, un pôle de développement affirmé. Le président Talon, qui a bataillé comme un fou, d’abord comme opérateur économique puis comme véritable pionnier du développement du Bénin pendant dix ans, a suffisamment de gris-gris pour être le défenseur de cette paix sans laquelle tout sera vain. Il n’y a pas mieux que celui qui a souffert dans le dur labeur du défrichage, du labour et des sarclages pour suivre religieusement le processus jusqu’à la récolte. Il en sera le meilleur gardien. Et c’est ce que le président Romuald Wadagni a compris. Comme quoi, aux âmes bien nées, dit-on, la valeur n’attend pas le nombre des années. Wadagni est peut-être jeune, mais il est aussi vieux et sage.
Aboubakar TAKOU



