La recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud continue de provoquer un important mouvement de départ des migrants. Selon les autorités zimbabwéennes, près de 78 000 de leurs ressortissants ont quitté le territoire sud-africain depuis le début de cette nouvelle vague de tensions.
Parmi eux, environ 21 300 personnes ont été rapatriées avec l’appui du gouvernement zimbabwéen, tandis que plus de 56 800 autres sont rentrées par leurs propres moyens. Les autorités sud-africaines indiquent de leur côté qu’environ 45 000 migrants ont franchi le poste-frontière de Beitbridge depuis le 7 juin.
Face à l’afflux massif de personnes, Harare et Pretoria ont mis en place un comité conjoint afin de faciliter les opérations de passage à la frontière. D’autres pays africains ont également organisé le retour de leurs ressortissants, notamment le Malawi, le Ghana, le Nigeria et l’Ouganda.
Cette crise trouve son origine dans les appels lancés par plusieurs groupes exigeant le départ des migrants en situation irrégulière avant le 30 juin. Les violences qui ont suivi ont coûté la vie à au moins quatre ressortissants étrangers. Dans un contexte marqué par un chômage avoisinant les 33 %, les tensions autour de l’immigration se sont accentuées ces derniers mois.
Les répercussions s’étendent désormais au plan diplomatique. Le Ghana a décidé de reporter une visite officielle du président sud-africain Cyril Ramaphosa, invoquant les risques de manifestations, tandis que les relations entre les deux pays se sont tendues après la mort d’un ressortissant ghanéen en Afrique du Sud.
Alassane IMOROU SANDA



