(Il rend hommage à Talon et Wadagni pour leur vision)
« Le Bénin a définitivement trouvé son chemin », dit-il
Il y a vingt-sept ans, le Bénin votait sa dernière grande loi environnementale. Hier, c’était le code sur l’environnement. Aujourd’hui, c’est le code des forêts et de la faune. Et si ce n’était pas un hasard ? Pour le député Paulin AKPONNA, ce vote historique n’est pas une simple formalité législative : c’est l’acte de naissance d’une nouvelle conscience écologique béninoise, portée par la vision d’un chef et la rigueur d’un gouvernement.
Le Palais des Gouverneurs à Porto-Novo a vibré, ce mardi 14 juillet 2026, au rythme d’un vote unanimement salué. L’Assemblée nationale a adopté le nouveau Code des forêts et de la faune, un texte que le député Paulin AKPONNA n’a pas hésité à qualifier d’« historique ». Mais derrière l’adoption technique, c’est un véritable plaidoyer pour une souveraineté verte qu’a porté l’élu du Bloc républicain.
Un constat alarmant pour une réponse ferme
Prenant la parole lors du débat général, Paulin AKPONNA n’a pas éludé la gravité de la situation. Le constat est sans appel : recul du couvert végétal, espèces animales menacées d’extinction, déforestation galopante. Il a pointé du doigt les maux qui rongent le patrimoine naturel béninois : pression démographique, transhumance incontrôlée, chasse illégale et braconnage, mais aussi et surtout, l’« absence prolongée d’un cadre juridique et institutionnel adéquat ».
Mais là où le député a marqué les esprits, c’est en transformant cette crise en opportunité. Pour lui, ce code n’est pas une fin en soi, mais le chaînon manquant d’une stratégie de développement global.
Le triumvirat de la vision : Talon, Wadagni et la méthode
L’intervention du parlementaire s’est rapidement muée en un vibrant hommage à la dynamique présidentielle. « Le Bénin a véritablement et définitivement trouvé son chemin », a-t-il martelé, attribuant cette renaissance à la vision du président Patrice Athanase Guillaume Talon. Une vision qu’il a associé à la « cohérence » du gouvernement de Romuald Wadagni, dont l’action s’inscrit dans une continuité salvatrice, illustrée la veille par l’adoption de la loi-cadre sur l’environnement.
Pour AKPONNA, la clé de voûte de cette réforme réside dans la gouvernance participative. Fini le temps des décisions descendantes : le code instaure un cadre de concertation intersectoriel. Une révolution silencieuse qui promet, selon lui, une « parfaite synergie d’actions entre toutes les parties prenantes de l’économie nationale ».
De Grand-Popo à l’hémicycle : un chemin de conviction
Le député a fait preuve d’une transparence rare en évoquant ses propres réserves. Lors du séminaire de Grand-Popo, il craignait que le texte ne soit pas suffisamment arrimé aux réalités économiques. Mais après les travaux de commission, sa conviction est totale. Le gouvernement a intégré les enjeux cruciaux de la diversification agricole, de l’industrialisation, de la sécurité des parcs face aux menaces terroristes, et du mix énergétique.
« Mes réserves initiales sont devenues sans objet », a-t-il conclu, invitant ses collègues à voter massivement pour ce qu’il considère comme un tournant historique.
Un appel à l’unité pour une cause nationale
En invitant ses pairs à l’unanimité, Paulin AKPONNA ne s’est pas contenté de plaider pour un texte de loi. Il a appelé à un sursaut collectif, à une prise de conscience que la forêt et la faune ne sont pas des options, mais des piliers de la souveraineté nationale. Ce vote n’est pas un point final, mais le début d’une nouvelle ère pour le patrimoine vert du Bénin.
WM
Lire ci-dessous l’intégralité de son intervention
« Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Je vous remercie de m’avoir donné la parole et je salue la présence parmi nous des membres du gouvernement, particulièrement le ministre du Cadre de vie, des Transports et du Développement durable, à qui je souhaite un plein succès dans ses nouvelles fonctions.
La loi soumise à notre examen aujourd’hui en vue de son adoption s’intitule : « Loi portant Code des forêts et de la faune en République du Bénin ».
Il est essentiel de rappeler ici les défis cruciaux de la gestion des forêts et de la faune, marqués par le recul du couvert végétal et la menace d’extinction qui pèse sur de nombreuses espèces animales.
Ces défis, qui nous interpellent tous, sont alimentés par la déforestation, la pression démographique, la transhumance, la chasse illégale et le braconnage, mais aussi par le manque d’un cadre juridique et institutionnel adapté.
C’est précisément sur ce dernier point que je souhaite m’arrêter pour saluer publiquement le mérite d’un homme de vision, de méthode et de rigueur, qui a prouvé au monde entier que « le Bénin a véritablement et définitivement trouvé son chemin » : je veux nommer, avec le plus grand respect, le président Patrice Athanase Guillaume Talon.
Je tiens également à reconnaître la cohérence de l’action gouvernementale menée par le président de la République, Son Excellence Monsieur Romuald Wadagni. Cette action s’inscrit parfaitement dans la continuité, comme en témoigne l’adoption à l’unanimité hier, après de riches débats, de la loi-cadre sur l’environnement.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
C’est aussi l’occasion pour moi de saluer votre clairvoyance pour avoir programmé l’examen de la loi sur l’environnement avant celle-ci, et de féliciter le président de la Commission du Plan, de l’Équipement et de la Production pour sa rigueur.
Honorables députés,
Ces défis exigent des réponses courageuses, innovantes et durables.
C’est pourquoi le gouvernement propose, à travers ce texte, une série d’innovations pour une gestion plus efficace de nos forêts et de notre faune.
Je retiendrai notamment :
Une vision moderne et intégrée de la conservation ; Une gestion scientifique fondée sur les données ;
Une lutte renforcée contre la criminalité faunique ;
La mise en place de mécanismes de financement durable pour le secteur forestier ;
Une meilleure implication des communautés locales.
Par ailleurs, j’avais exprimé des réserves lors du séminaire de Grand-Popo sur l’avant-projet de loi.
Elles visaient essentiellement à arrimer ce texte à la stratégie de développement économique du pays, qui s’articule autour de six pôles de développement territorial — une nouvelle structure de gouvernance qu’il convient désormais d’intégrer.
En effet, la problématique de la gestion des forêts et de la faune est aujourd’hui un enjeu majeur de développement durable.
Elle impose de concilier la préservation des ressources naturelles avec les besoins économiques et sociaux des populations, tout en intégrant les autres défis liés à la compétitivité de notre économie, à savoir :
La poursuite de la politique de diversification agricole pour accroître la production nationale et réduire notre dépendance aux importations ;
La dynamique d’industrialisation afin d’augmenter la valeur ajoutée de nos exportations ;
L’amélioration de la sécurité de nos parcs nationaux, de nos sites culturels et historiques face aux menaces terroristes régionales, afin de réduire le risque pays et de promouvoir l’écotourisme ;
Le maintien d’un mix énergétique équilibré pour garantir un approvisionnement fiable et continu.
À l’issue du séminaire et des travaux de commission qui ont suivi, j’ai constaté avec satisfaction que le gouvernement propose une gouvernance plus participative, adossée à un cadre de concertation intersectoriel.
Cela garantira une synergie d’actions optimale entre tous les acteurs de l’économie nationale.
Mes réserves initiales sont donc devenues sans objet.
Monsieur le Président,
Chers collègues députés,
il ne me reste plus qu’à nous inviter à voter, à l’unanimité et favorablement, cette loi historique.
Je vous remercie ! »



