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« Comment l’argent a circulé ? » : Cinq banques dans le viseur de la justice après la vente Bolloré Africa Logistics

La Rédaction par La Rédaction
3 juin 2026
dans Afrique/Monde
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« Comment l’argent a circulé ? » : Cinq banques dans le viseur de la justice après la vente Bolloré Africa Logistics
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Le collectif panafricain Restitution pour l’Afrique (RAF) poursuit son offensive judiciaire contre le groupe Bolloré. Après une première procédure engagée en mars 2025 contre Vincent Bolloré et son groupe, RAF vient de saisir la justice française pour contraindre cinq banques à ouvrir leurs archives et à faire la lumière sur la vente de Bolloré Africa Logistics, cédée en 2022 à l’armateur MSC pour 5,7 milliards d’euros.
Les établissements visés sont Morgan Stanley, Hottinguer, HSBC, Société Générale et Crédit Mutuel. Le collectif demande, par un référé devant le Tribunal judiciaire de Paris, que ces banques produisent leurs documents afin de retracer les flux financiers liés à cette cession.

« Comment l’argent a circulé ? »
Me Vincent Bavay, avocat du collectif RAF, explique cette nouvelle stratégie : « Ce qu’il faut comprendre, c’est que les banques ne sont pas des spectateurs passifs de la vie économique de leurs clients. Un groupe de l’envergure de Bolloré a des banquiers, des conseillers financiers, des établissements qui connaissent ses activités, qui le financent et qui accompagnent ces cessions. »
L’objectif est d’obtenir des réponses à plusieurs questions : « Comment l’argent a circulé ? Qui l’a accompagné ? Qui a conseillé ? Qui a ouvert des comptes, structuré les flux, valorisé les actifs ? », détaille l’avocat. Selon lui, une multinationale de cette taille ne fonctionne pas dans le vide, et ces questions sont légitimes.

Une « faute morale » et peut-être pénale
Pour les plaignants, ces banques d’affaires et commerciales avaient des obligations de « vigilance renforcée ». Elles auraient dû réévaluer leur relation avec Bolloré après 2021, date à laquelle le groupe a conclu avec le Parquet national financier (PNF) une convention d’intérêt public reconnaissant des actes de corruption pour l’obtention de concessions portuaires au Togo et en Guinée, assortie d’une amende de 12 millions d’euros.
« Continuer à financer, conseiller et structurer des opérations qui portent sur ces mêmes actifs obtenus de manière illégale, sans poser de question, c’est a minima une faute morale, insiste Me Bavay. Et peut-être – c’est ce que nous cherchons à déterminer – une potentielle faute pénale de la part de ces établissements financiers. »

« Que justice soit faite pour les milliers de victimes »
Le collectif Restitution pour l’Afrique, composé de onze ONG basées dans six pays africains, est présidé par Jean-Jacques Lumumba. Il poursuit un objectif principal : la restitution des biens mal acquis grâce à la corruption. « Le leitmotiv de notre action », souligne-t-il.

Il ambitionne que « toutes les personnes qui ont été lésées sur cette affaire puissent être indemnisées ». Cette nouvelle procédure vise à retracer tous les faits avec l’implication des banques. « Et que, compte tenu des faisceaux d’indices concordants de corruption, justice soit faite pour les milliers de victimes. »

Réactions et calendrier
Contacté par RFI, Me Olivier Baratelli, avocat du groupe Bolloré et de Vincent Bolloré, a indiqué n’avoir aucun commentaire à faire. Les premières audiences sont attendues en septembre 2026 au Tribunal judiciaire de Paris.
Une autre décision judiciaire, dans le cadre d’une procédure distincte liée à la convention d’intérêt public de 2021, est attendue en décembre 2026.

Tags: Afrique
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