Pour être sincère, le parti Les Démocrates, en dehors de quelques petites traces de tricherie, ne s’est pas montré vicieux durant ce scrutin du dimanche. Le problème du Bloc républicain lui, remporte la palme du fair-play politique et l’adhésion des populations. Seulement, qu’il a un problème. Son président est trop vertueux. Il a été tellement imprégné du style Talon qu’il se comporte en politique comme un vicaire du Christ rédempteur.
Parce qu’il partage avec le président Patrice Talon, que l’UP-R et le BR sont deux partis d’un même patrimoine génétique, il impose à tous ses camarades une lutte régulière aux consultations électorales. Ce qui n’est pas le cas des dinosaures de la fraude du côté de l’ambassadeur Gildas Agonkan. Même le président Joseph Djogbénou s’est étonné de voir que ses camarades ont développé un autre niveau de vol de voix. Le Bloc républicain ne pouvait jamais imaginer que son concurrent de maison puisse faire d’un candidat en lice un coordonnateur d’arrondissement dans le cadre de ce scrutin du dimanche. Même le président Djogbénou était dépassé. Il ne pouvait deviner une telle caricature de fourberie politique. Au lieu d’une campagne électorale régulière, certains caciques de la fraude électorale ont misé tous leurs efforts sur les chefs d’arrondissement, coordonnateurs et autres pour frauder. Cas du visage dans la 19ème circonscription électorale. Et l’argent n’a pas manqué à la réalisation du projet.
Plus grave, ils ont réussi à faire croire aux cadres et aux opérateurs économiques que l’UP-R est le choix du chef de l’État et du candidat Romuald Wadagni. Du coup, le BR avait été déjà pointé du doigt comme le mal-aimé de la cour présidentielle qu’il faut enterrer. Ce qui est faux. Le président Talon n’a jamais eu à choisir entre les deux partis. Malheureusement, tous ces montages ont été mis à contribution pour mobiliser tous les cadres, surtout ceux des départements ministériels importants, autour de la vague jaune. Conséquence : dans un contexte où tous les opérateurs économiques ont reçu comme consigne de soutenir les candidats UP-R contre ceux du cheval cabré et où les populations ont dit non, il n’y a que la brimade, le vol et autres trafics d’influence pour faire le chiffre. Seulement que, cette fois-ci, le chef de la Rupture a sifflé la fin de la brimade. Les secteurs de décision en matière électorale ont été avertis : zéro fraude et annulation de tous les résultats objets de suspicions. Et c’est ce nettoyage qui a décalé un peu la proclamation des grandes tendances. Les militants du BR sont toujours sur le qui-vive et menacent même le leader, Abdoulaye Bio Tchané, si sa rectitude et sa loyauté à respecter scrupuleusement la vertu de son patron, Patrice Talon, laissent la voie libre aux tortionnaires électoraux du camp d’en face.
À suivre.
Aboubakar TAKOU



