Derrière le masque d’un journaliste engagé et d’un réfugié politique en exil, se cache un individu aux pratiques troubles et aux connexions opaques : Comlan Hugues Sossoukpè. Ayant bâti une notoriété numérique sur les réseaux sociaux francophones en se présentant comme un lanceur d’alerte, son profil réel prend aujourd’hui forme à mesure que les pièces du puzzle se rassemblent : celui d’un cyberactiviste à gages, artisan de la désinformation, faussaire de l’asile et courroie de transmission d’influences étrangères.
Une enquête minutieuse, nourrie de documents confidentiels, témoignages, échanges chiffrés, transferts d’argent via mobile money et éléments de sources officielles, permet de lever le voile sur un système où Comlan Hugues Sossoukpè n’est pas une victime, mais un opérateur central.
Une imposture médiatique soigneusement construite
Bien qu’il se présente comme analyste politique et journaliste indépendant, Comlan Hugues Sossoukpè n’a jamais été officiellement reconnu comme tel. Il ne détient aucune carte de presse, n’a suivi aucune formation certifiée en journalisme, et ne travaille pour aucun média agréé.
Ses interventions en ligne, souvent relayées sur des pages à forte audience, sont saturées d’attaques personnelles, de contenus non sourcés, de rumeurs et d’affirmations diffamatoires. Sans aucune rigueur déontologique ni vérification préalable, sa production est décrite comme instrumentalisée, orientée et commanditée.
Le business de la déstabilisation : des publications sur commande
Des échanges récupérés sur diverses plateformes (WhatsApp, Messenger, Telegram, Signal), recoupés avec des preuves de transferts via Western Union, MoneyGram, RapidTransfer, EcoBank et Mobile Money (Flooz au Togo, MoMo au Bénin), démontrent que Sossoukpè monnayait ses publications. Les montants variaient entre 150 et 5 000 euros, en fonction de la cible, de la tonalité et de la visibilité attendue.
Les paiements proviennent de diverses sources, incluant :
- Des figures politiques béninoises exilées ou actives, telles que les anciens ministres comme Valentin Djènontin et Aurélien Agbénonci.
- Des membres de la diaspora radicalisée en France et en Allemagne.
- Des intermédiaires basés en Côte d’Ivoire.
- Et même des sources identifiées aux États-Unis.
Plus grave encore, des transferts émanant de profils pro-russes basés au Niger et au Burkina Faso auraient permis à Sossoukpè de relayer des narratifs hostiles à l’État béninois. Ces activités s’inscrivent dans le cadre des tensions géopolitiques liées à la CEDEAO et au régime militaire nigérien, le Bénin, ciblé pour sa position pro-démocratique, devenant un terrain d’attaque numérique coordonnée, avec Sossoukpè comme relais opérationnel.
Asile politique : le montage d’un réseau frauduleux
Une autre facette du système mis en place par Comlan Sossoukpè est son implication directe dans un réseau d’asile fictif. Utilisant un label politique, ceci lui a servi à produire de faux récits de persécution, des documents falsifiés, et des lettres de soutien simulées.
Aux côtés d’un membre important d’un réseau qui soutenait un présumé candidat, il aurait facilité la constitution de dossiers pour des candidats à l’émigration irrégulière vers les USA et l’Europe (principalement la France et l’Allemagne). Ses services consistaient à créer des narratifs de persécution personnalisés, apposer de faux cachets de partis politiques, et encadrer les demandes d’asile avec une couverture « militante » fictive. Des dizaines de personnes auraient ainsi obtenu des statuts sur la base de récits manipulés, dans une logique mafieuse où le mensonge devient marchandise et le militantisme est monnayé.
Un passif judiciaire lourd : plainte sur plainte
Le nom de Comlan Hugues Sossoukpè est aujourd’hui associé à plus d’une dizaine de procédures judiciaires, introduites par des citoyens (victimes de harcèlement numérique), des entreprises (diffamation commerciale), et des personnalités politiques. Les chefs d’accusation incluent la diffamation aggravée, le harcèlement numérique, la propagation de fausses nouvelles, l’apologie du terrorisme, l’incitation à la haine et le chantage médiatique. Plusieurs enregistrements audio et captures de conversations montreraient des demandes de paiement explicites en échange de publications destructrices ou de silences stratégiques.
Violation flagrante de la loi togolaise sur le statut de réfugié
Installé au Togo sous statut de réfugié, Sossoukpè a sciemment violé la loi togolaise n°2016-021 du 24 août 2016, notamment son article 27, qui stipule que « Tout réfugié ou demandeur d’asile établi au Togo doit s’abstenir d’attaquer son État ou un quelconque État par toutes activités qui soient de nature à faire naître une tension entre ce pays et son pays d’asile. » En orchestrant des campagnes contre le Bénin — pays voisin et partenaire du Togo —, il a manqué à ses devoirs les plus élémentaires de réfugié, compromettant ainsi sa crédibilité et sa légitimité à bénéficier d’une protection internationale.
Une arrestation conforme aux règles de coopération sécuritaire
Contrairement aux discours victimaires relayés par ses soutiens, l’arrestation de Sossoukpè n’a rien d’une extradition sauvage. Résidant en Côte d’Ivoire, il a été localisé suite à ses propres publications en ligne, suivi et arrêté grâce à la coopération entre les services béninois et ivoiriens. Cette opération s’est déroulée dans le respect des accords sécuritaires sous-régionaux, notamment l’accord de coopération en matière de police criminelle entre les États membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) du 19 décembre 2003. Il n’a jamais été piégé ni attiré de force en territoire hostile, ayant déjà vécu à Abidjan pour poursuivre ses activités de déstabilisation sous couverture de blogueur.
Le faux mythe du réfugié persécuté
Certains tentent aujourd’hui de faire de Comlan Sossoukpè un symbole de la liberté d’expression. Mais les faits sont têtus : il s’agit d’un faussaire de l’information, d’un cyberactiviste à gages, d’un instrument manipulé par des forces extérieures, et d’un agent actif d’une tentative de subversion politique et sociale. Son arrestation ne constitue pas un recul démocratique. Elle représente au contraire un acte de protection légitime face aux nouvelles formes de guerre informationnelle, souvent menées par des agents masqués sous le couvert du militantisme numérique. La liberté d’expression ne saurait servir de paravent à la corruption intellectuelle, à la manipulation de masse et à la trahison des statuts juridiques internationaux.
L’affaire Sossoukpè est emblématique d’un mal contemporain : celui d’une désinformation sur mesure, achetée, injectée, partagée… puis sanctuarisée sous couvert de droits de l’homme. Un piège que les démocraties africaines doivent apprendre à désamorcer avec lucidité, fermeté et transparence.
Ce dossier n’est que le premier volet d’une enquête en cours : d’autres révélations, des preuves documentées ainsi que les noms des personnes impliquées et les montants seront dévoilés dans nos prochaines publications.
Worou MERE



