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Face aux détracteurs du régime nigérien : Tiani durcit le ton

Le gouvernement de transition dirigé par le général Abdourahamane Tiani renforce sa surveillance des critiques formulées depuis l’étranger. Dans une note circulaire adressée à ses représentations diplomatiques, le ministère nigérien des Affaires étrangères demande aux ambassades et consulats d’assurer une veille active sur les contenus jugés hostiles aux autorités de transition.

Selon ce document, les chefs de mission diplomatique sont invités à identifier les publications en ligne considérées comme diffamatoires, injurieuses ou portant atteinte à l’image des institutions nigériennes. Ils devront recueillir des éléments de preuve, notamment des captures d’écran, des liens internet et les identifiants des auteurs des publications concernées.

La circulaire recommande également aux diplomates de solliciter l’appui du Haut Conseil des Nigériens de l’Extérieur (HCNE) ainsi que des associations de la diaspora lorsque cela s’avère nécessaire. Elle prévoit aussi une coopération avec les autorités des pays d’accueil et rappelle aux ressortissants nigériens vivant à l’étranger les conséquences auxquelles ils pourraient s’exposer en cas de diffusion de contenus jugés préjudiciables au régime.

Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités militaires, arrivées au pouvoir après le renversement du président Mohamed Bazoum, sont régulièrement accusées par des organisations de défense des droits humains de restreindre les libertés publiques, notamment la liberté d’expression.

Au Canada, le Haut Conseil des Nigériens de l’Extérieur a toutefois rejeté cette demande. Dans une réponse adressée aux autorités diplomatiques, l’organisation rappelle son caractère « apolitique et laïc » et estime que la surveillance des opinions exprimées par les membres de la diaspora est incompatible avec sa mission.

Le HCNE affirme que sa priorité demeure l’accompagnement, la protection et la représentation des Nigériens établis au Canada. Plutôt que de participer à un dispositif de contrôle, l’organisation plaide pour un dialogue régulier avec les autorités sur les réalités sociales, économiques et politiques du Niger.

François D’Assise BATCHOLA

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La Rédaction

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