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Afrique

Mendicité et enfants des rues : Le Nigéria prépare de nouvelles sanctions

L’État de Lagos, au Nigeria, veut renforcer son arsenal juridique contre la mendicité dans les espaces publics et la présence d’enfants dans les rues. Un projet de loi prévoit notamment une amende pouvant atteindre 200 000 nairas et, pour certaines infractions, une peine d’emprisonnement allant jusqu’à deux ans. Le texte prévoit également des mesures de réhabilitation et de protection sociale.

Un projet de loi soumis au débat public

L’État de Lagos poursuit son processus législatif autour de la mendicité de rue. Intitulée « Loi de l’État de Lagos de 2026 sur la mendicité de rue et les enfants des rues (interdiction, prévention et réhabilitation) », la proposition a été présentée mardi 15 septembre 2026 lors d’une audience publique à l’auditorium Lateef Jakande, à Alausa, Ikeja.

La rencontre a réuni des juristes, des organisations de la société civile ainsi que des membres du public. Elle intervient avant la poursuite de l’examen du texte par l’Assemblée législative de l’État.

Plusieurs espaces publics concernés

Selon le média nigérian The Guardian, le projet vise notamment les gares routières, les carrefours, les passerelles piétonnes et les marchés en plein air. Le vagabondage, le fait de dormir ou de se rassembler dans certains espaces publics, ainsi que l’installation de structures temporaires destinées à la mendicité pourraient être considérés comme des infractions.

Le texte ne cible pas uniquement les personnes qui mendient. Celles qui provoquent, facilitent ou encouragent ces pratiques pourraient également être poursuivies. Les parents ou tuteurs qui envoient leurs enfants dans la rue pour mendier sont aussi concernés par le dispositif.

Jusqu’à 200 000 nairas d’amende

La proposition prévoit plusieurs niveaux de sanctions. Pour une première infraction, un avertissement officiel pourrait être délivré, accompagné d’une orientation vers un centre public de réhabilitation.

En cas de récidive, l’auteur présumé pourrait être exposé à une amende allant jusqu’à 200 000 nairas, à une peine non privative de liberté pouvant atteindre trois mois, ou aux deux.

Pour les infractions plus graves ou répétées, une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans est prévue, sous réserve d’une condamnation par la Haute Cour ou le Tribunal de première instance de l’État de Lagos.

Des pouvoirs d’arrestation qui suscitent des inquiétudes

Le projet accorde également des prérogatives à l’Agence du Corps d’assainissement environnemental pour assurer son application. Ses agents pourraient notamment procéder à des arrestations sans mandat en cas de soupçon d’infraction et saisir des biens présumés liés aux faits.

Les personnes interpellées devraient être identifiées et faire l’objet d’un profilage avant leur transfert à la police nigériane ou aux unités de sécurité de quartier compétentes.

Ces dispositions ont toutefois suscité des préoccupations lors de l’audience publique. Des juristes et des défenseurs des droits de l’homme ont appelé à la prudence concernant les arrestations sans mandat et l’étendue des pouvoirs conférés aux agents. Les conditions de prise en charge des personnes vulnérables lors des opérations ont également été soulevées.

Réhabilitation et protection sociale

Le projet ne se limite pas aux sanctions. Le ministère de la Jeunesse et du Développement social serait chargé de mettre en place des centres de réhabilitation et de protection sociale.

Les personnes accueillies pourraient y bénéficier d’un hébergement temporaire, d’une éducation de base, d’un accompagnement psychologique, ainsi que de formations professionnelles et aux compétences de la vie courante.

À travers ce volet, les autorités entendent favoriser la réinsertion sociale et agir sur certaines conditions socio-économiques susceptibles de conduire des enfants, des jeunes et d’autres personnes vulnérables à vivre dans la rue.

Vers une troisième lecture

La vice-présidente de l’Assemblée législative de l’État de Lagos, Mojisola Lasbat Meranda, a indiqué que les observations recueillies auprès du public et des différentes parties prenantes seraient prises en compte dans la suite du processus.

Ces contributions doivent permettre d’affiner le texte avant sa troisième lecture. En cas d’adoption par l’Assemblée législative, le projet devra ensuite être transmis au gouverneur de l’État de Lagos pour approbation.

François D’Assise BATCHOLA

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La Rédaction

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