L’ancien ministre nigérian de l’Énergie, Saleh Mamman, a écopé d’une peine cumulée de 75 ans de prison. Le jugement a été prononcé par la Haute Cour fédérale du Nigeria dans une affaire de blanchiment d’argent évaluée à plus de 33,8 milliards de nairas.
Les poursuites ont été engagées par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC). Au total, 12 chefs d’inculpation pesaient contre lui, et la juridiction l’a déclaré coupable sur l’ensemble des faits. Absent lors de l’énoncé du verdict, il a été condamné par contumace.
Le juge James Omotosho a affirmé que les éléments de preuve établissaient clairement sa responsabilité.
D’après les investigations, Saleh Mamman aurait pris part, entre 2019 et 2020, à un mécanisme de détournement de ressources publiques. Les fonds concernés étaient destinés à des projets énergétiques d’envergure, notamment les barrages de Mambilla et de Zungeru.
L’enquête a mis en évidence des transferts de fonds via des bureaux de change, suivis de leur conversion en devises étrangères, avant d’être remis à l’ancien ministre et à ses complices. Il lui est également reproché d’avoir effectué un paiement en liquide de plus de 665 000 dollars pour l’achat d’un bien immobilier à Abuja, en dehors du circuit bancaire, en violation de la réglementation en vigueur.
Le tribunal a opté pour l’addition des peines liées à chaque infraction, portant ainsi la durée totale de la condamnation à 75 ans d’emprisonnement. Pour plusieurs chefs, aucune amende n’a été prévue.
Son absence au moment du jugement a été interprétée comme une tentative d’échapper à la justice. En vertu de la loi nigériane de 2015 sur la justice pénale, la procédure a donc été menée à son terme.
Un mandat d’arrêt international a été délivré afin de faciliter son arrestation, avec le concours d’Interpol. La justice a également ordonné la confiscation de ses avoirs ainsi que le remboursement d’environ 22 milliards de nairas détournés.
Ancien membre du gouvernement sous la présidence de Muhammadu Buhari, Saleh Mamman avait été inculpé en juillet 2024. Cette affaire est aujourd’hui perçue comme l’un des plus grands dossiers de corruption impliquant un ancien haut responsable au Nigeria.
Fallone CHABI-BONI



