Les populations de Godomey et des environs ont subi une pénurie d’eau potable la semaine dernière, suite à une casse sur la conduite principale PEHD DN 355, provoquée par l’entreprise chinoise XINXING, en charge des travaux d’asphaltage dans la zone le samedi 22 août. Une situation ubuesque qui en a fâché plus d’un et qui mérite que la lumière soit faite sur les responsabilités et sur la remarquable mobilisation des équipes de la SONEB pour le retour de l’eau aux robinets.
Une casse évitable due à une « négligence » inexcusable
Tout commence le samedi 22 août 2026 à 18h30. L’entreprise CHINA XINXING, sous le contrôle du cabinet ACEP est en train d’asphalter la rue 10 B2 Bretelle 300-2 lorsqu’un Un constat de fuite sur une conduite secondaire PVC DE 110 est fait. Au lieu d’associer la SONEB, concessionnaire du réseau, elle mobilise ses engins pour une excavation…hors de son propre chantier, en face du CEG Godomey. Résultat : elle endommage sur la lancée la conduite principale PEHD DE 355 et une autre conduite en PVC DE 110 à proximité, privant d’eau potable une dizaine de quartiers desservis : Godomey, Dékoungbé, Hédomey, Cocotomey, Lobozounkpa, Togbin, Cococodji et leurs environs.
Où est le professionnalisme quand pour des travaux sur le périmètre des réseaux d’eau, l’entreprise se permet de gérer les aléas sans concertation avec le gestionnaire en charge du réseau, pour une fuite qu’elle n’a pas normalement les compétences de diagnostiquer ? L’entreprise XINXING a agi en toute indépendance, comme si elle était chez elle, sans se soucier des conséquences pour des milliers de ménages. Une négligence pourtant évitable, qui frise l’inconscience.
La SONEB dans une course contre la montre : des équipes sur le pont 48 heures durant.
Dès que la panne a été signalée, la SONEB a réagi avec une célérité exemplaire, malgré l’heure de la survenue de l’incident. Ses équipes techniques ont été mobilisées immédiatement pour évaluer les dégâts et entamer les réparations nécessaires. Pendant 48 heures d’affilée, plusieurs agents de la région SONEB de l’Atlantique ont travaillé sans relâche, de jour comme de nuit, du samedi au lundi matin pour réparer la casse et rétablir le service. Le sertissage final de la conduite réparée est ainsi intervenu le lundi 24 août 2026, avec un retour à la normale dès la matinée du même jour.
Les équipes SONEB se sont littéralement pliés en quatre pour remédier à une situation dont ils n’étaient pas responsables, certains passant la nuit sur le chantier. Et pendant que l’entreprise chinoise poursuivait ses travaux comme si de rien n’était, les agents de la SONEB, eux, bataillaient dur pour ramener l’eau aux robinets des populations : s’assurer d’isoler la conduite, procéder aux découpes et remplacement des grosses conduites endommagées, opérer les sertissages, nettoyer et désinfecter le réseau et le remettre en service.
Une victime collatérale injustement critiquée
Malgré la diffusion de communiqué sur la panne, les populations ayant souffert pendant plusieurs heures de l’absence de l’eau aux robinets ont évidemment indexée la SONEB comme responsable de cette situation. Elle en était pourtant la victime d’une négligence qui aurait pu être évitée si l’entreprise XINXING avait fait preuve du moindre professionnalisme et avait respecté les règles élémentaires de sécurité. Les études préalables et les mesures de précaution ont-elles été correctement effectuées ? Ont-elles été suivies par XINXING comme recommandées ? Visiblement non. Les faits parlent d’eux-mêmes : une excavation hors chantier, sans concertation, avec des engins lourds sur une conduite principale. Une véritable bombe à retardement.
Pourtant, c’est la SONEB qui a dû présenter des excuses aux abonnés pour des désagréments indépendants de sa volonté. L’ironie est cruelle.
Des sanctions exemplaires s’imposent
Au-delà des excuses, les populations attendent des actes. Parce que de pareilles situations sont répétitives et fréquentes. Il est temps que les autorités compétentes exigent des comptes aux entreprises qui détruisent les réseaux d’eau et électricité et leur rappellent leurs obligations en matière de respect des infrastructures publiques déjà en service au prix de nos milliards. Les désagréments subis par les populations ne sauraient être pris à la légère. Il est impératif que l’entreprise chinoise XINXING soit tenue responsable des préjudices causés et que des sanctions soient envisagées.
Laisser passer une telle négligence, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Qu’adviendra-t-il si demain une autre entreprise étrangère, voyant qu’il n’y a pas de conséquences, décide de creuser à l’aveuglette, mettant en danger d’autres infrastructures vitales ? L’impunité est un mauvais calcul. Il faut sanctionner l’entreprise XINXING pour qu’elle serve d’exemple. Ainsi, on évitera que des gens soient accusés à tort et que la SONEB, une fois encore, paie les pots cassés.
AY



