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Société

Près de 1 400 interpellations, plus de 20 millions de FCFA saisis : La Police républicaine dévoile l’ampleur de la lutte anti-QNET

*Tout sur huit ans de traque contre QNET et ses dérivés

*Des arrestations dans quatre autres pays de l’Afrique de l’Ouest

Près de 1 400 interpellations, plus de 20 millions de FCFA saisis, des opérations coordonnées dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest… Depuis 2018, la Brigade économique et financière (BEF) mène une guerre sans répit contre les réseaux d’escroquerie de masse opérant sous la bannière de QNET et de ses dérivés. Un fléau qui prospère sur la vulnérabilité de la jeunesse et que la Police républicaine entend bien éradiquer.

C’est une bataille discrète mais acharnée que livrent, depuis bientôt huit ans, les services de la Police républicaine béninoise. Le champ de bataille ? Les méandres des réseaux d’escroquerie pyramidale. L’adversaire ? QNET et ses structures apparentées, ces organisations criminelles qui, sous couvert d’opportunités d’affaires mirobolantes, déploient des manœuvres frauduleuses calquées sur le tristement célèbre modèle de Ponzi.

La Brigade économique et financière (BEF), fer de lance de cette croisade, a rendu public un bilan exhaustif de ses actions menées de 2018 à avril 2026. Un état des lieux qui révèle l’ampleur du phénomène et la détermination des autorités à en venir à bout.

Un bilan chiffré qui parle de lui-même

Depuis le début de cette traque, ce sont près de soixante-dix (70) opérations de police qui ont été conduites ou coordonnées par la BEF sur le territoire national. Au total, 1 386 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles 412 ont été déférées devant le Procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

La première intervention, menée le 6 février 2018 dans la commune d’Abomey-Calavi, reste emblématique : 187 individus interpellés, 20 726 075 FCFA saisis et déposés au greffe du tribunal d’Abomey-Calavi, et 10 meneurs présumés présentés au procureur.

Depuis, les opérations se sont multipliées, visant non seulement QNET mais également d’autres entités criminelles telles que HIGHLIFE, CHYMALL, ALPHA-OMEGA-COINS (AOC), ainsi que TIENS DESTINATION SUCCES COMMUNICATION.

Un fléau transfrontalier

L’une des caractéristiques majeures de ce phénomène est sa dimension internationale. Consciente de cette réalité, la Police républicaine a mis en place une coopération policière soutenue avec les pays voisins. Cette synergie a permis de procéder à des arrestations au Togo, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana, démantelant ainsi des réseaux QNET dans lesquels des ressortissants béninois figuraient tantôt comme auteurs ou complices, tantôt comme victimes.

Fait notable, 143 jeunes Camerounais ont été libérés des griffes de ces réseaux au cours du mois d’avril 2022, illustrant la portée humanitaire de ces opérations au-delà des frontières béninoises.

Le mode opératoire : derrière le mirage, l’escroquerie

Ce que l’on désigne communément sous l’appellation de « réseau QNET » en Afrique de l’Ouest constitue une forme moderne d’escroquerie qui prospère sur la vulnérabilité de la jeunesse. Derrière une façade de respectabilité commerciale se dissimulent des pratiques chimériques.

Le mécanisme est rodé : on fait miroiter aux candidats des opportunités d’emploi ou d’affaires assorties de gains mirobolants. Une illusion prolongée, le temps nécessaire pour contraindre proches et familles à souscrire à des engagements financiers censés concrétiser le rêve. Bien qu’expressément interdits sur le territoire béninois, ces réseaux persistent, changent de visage et s’adaptent constamment aux ripostes des autorités.

Appel à la vigilance collective

À la faveur de ce point d’étape, la Police républicaine lance un appel solennel à la population face aux sollicitations attrayantes et aux promesses mirobolantes de recrutement à des emplois bien rémunérés à l’étranger ou à l’exercice d’activités commerciales que des entreprises criminelles du genre QNET diffusent.

La lutte se poursuit, et chaque citoyen est appelé à devenir un maillon essentiel de cette chaîne de vigilance collective. Car au-delà des chiffres, c’est l’avenir d’une jeunesse tout entière que les pouvoirs publics entendent préserver des sirènes trompeuses de l’argent facile.

Dans la sous-région, ce phénomène représente désormais un véritable défi sécuritaire, économique et social. Un combat que le Bénin mène avec détermination, fort de l’expérience acquise et d’une coopération internationale désormais bien rodée.

Worou MERE

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